Toutes les découvertes sur les espèces du territoire se trouvent ici

Faune et Flore de Douzillac: les araignées crabes

De la simple surprise aux frissons, palpitations ou envie subite de crier, la présence d’une araignée dans les parages génère rarement de la sympathie. Outre sa capacité à générer de l’anxiété pour une grande partie de la population, l’araignée est étonnante sur bien des aspects, notamment les petites araignées-crabes.

Vous les avez certainement observés un jour à l’affût sur les plantes, fréquemment sur les fleurs, en tenue mimétique. Chaque espèce a ses couleurs de prédilection aussi bien pour chasser que pour se mettre en sûreté. Elles ont été baptisées « araignée-crabe » tout d’abord parce qu’elles peuvent se déplacer latéralement, puis parce qu’elle adopte une position de chasse comparable au crabe. Imaginez qu’elle se rétracte sur ses deux paires de pattes arrières, tandis que les deux premières paires plus longues sont érigées dans les airs. Ainsi, elle peut se catapulter et capturer sa proie avec beaucoup de dextérité.

araigné-crabe-de-Amado-Demesa Cache-Cache party

Comme ce ne sont pas des spécialistes de la toile, certaines d’entre elles se sont spécialisées et ont acquis la capacité de changer de couleur en fonction de la fleur qu’elles occupent. Auriez-vous imaginé avoir de minuscules caméléons à 8 pattes dans votre jardin… ? La femelle adulte chez la misumène variable (Misumena Vatia) peut donc changer de couleur en quelques heures passant du blanc au jaune pour mieux se camoufler. Elle restera alors immobile et attendra patiemment qu ‘un insecte pollinisateur comestible passe à sa portée. Une acrobatie, une petite morsure, une injection de venin et le repas pourra être siroté tranquillement à l’abri des regards indiscrets. Sa morsure toutefois très rare n’est pas nocive pour l’homme.

de Andreas Eichler

Comme tout élément de la chaîne alimentaire, les araignées crabes servent également de collation. On pourra recenser comme prédateurs, les oiseaux, batraciens et petits mammifères, mais également les araignées elle-même. D’autre part, certaines guêpes solitaires ne nourrissent leurs larves qu’avec des araignées ; les araignées crabes ne tissant pas de toiles, elles sont une proie de choix pour les guêpes maçonnes.

Un peu d’histoire…. Un peu de folklore… un peu d’imagination…

L’araignée est imprégnée de symbolisme depuis des millénaires, et cela dans le monde entier. Tout d’abord, le rôle de la prédatrice lui est souvent attribué dans les films d’épouvante, les festivités d’Halloween et autres décors glauques. Cependant dans d’autres cultures, c’est un animal totem qui représente l’animal tisserand dont la toile rappelle que l’homme tisse son propre chemin et chaque intersection de la toile représente une connexion avec les personnes qui l’entourent.

La symbolique de l’âme : Chez les Muisca de Colombie, c’est un bateau en toile d’araignée qui transporte les âmes des morts aux enfers. Chez les Aztèques, elle représente le dieu des enfers. Quant au Sud du Vietnam, une araignée est une ame qui s’est échappée d’un corps pendant le sommeil ; comprenez que de tuer une araignée risque de tuer le malheureux corps endormi.

Symbolique de la création : Aux Iles Gilbert, l’araignée est considéré comme le premier être, donc comme un dieu créateur. En Afrique de l’Ouest, c’est l’araignée qui a offert les matériaux pour créer les premiers hommes et pour les amérindiens Hopi d’Amérique du Nord, l’araignée est considérée comme le créateur du monde, en effet ce serait une femme-araignée qui aurait tissé l’immense carte du monde.

En Grèce, la légende dit qu’Arachné avait la réputation d’être une fileuse d’exception. Athéna curieuse se déguisa pour observer son travail. Arachné se vantant d’être la meilleure tisseuse du monde, Athéna indignée organisa un concours. Les deux terminant ex-aequo, la déesse furieuse de jalousie frappe la mortelle qui humiliée se suicide par pendaison. Athéna décida de transformer Arachné en araignée afin qu’elle puisse broder une toile pour toujours.

 

Araignée crabe de Ameisenfarm

Sources:

https://www.bestioles.ca/invertebres/araignee-crabe.html

http://biologie.ens-lyon.fr/ressources/Biodiversite/Documents/image-de-la-semaine/images-de-2012/biodiversite-semaine-38-17-09-2012

https://fr.wikipedia.org/wiki/Thomisidae

https://fr.wikipedia.org/wiki/Arachn%C3%A9

http://triskele.eklablog.com/l-araignee-a102839953

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Faune et flore de Douzillac : Fritillaire pintade

Les bottes aux pieds, me voici en promenade au bord de la Beauronne. Les perles de rosée en suspension sur la menthe et les jeunes pousses de jonc tremblent à mon approche. Dame Nature détrempée et engourdie se réveille paisiblement à la lumière pâle matinale. Cependant, la preuve que les beaux jours ne tarderont pas est là sous mes yeux souriants. Des damiers ou fritillaires pintade (Fritillaria meleagris L.) se déploient devant moi. Ce que j’aime ce spectacle !

Sans ses élégantes clochettes lie-de-vin, mouchetées ou damassées de blanc-verdâtre, cette petite plante  de 20 à 40 cm de haut passe inaperçue. Mais entre mars et avril, chaque année, elle nous offre un ravissant tableau alliant délicatesse et fragilité ; Délicatesse par ses formes et couleurs surprenantes, fragilité puisque le plaisir de la contempler dans certaines régions de France relève de l’extraordinaire depuis quelques années. 

En effet, sa beauté ne lui pas été bénéfique. Dans certains pays comme la Belgique, la cueillette et la modification des milieux l’ont littéralement rayées de la carte. C’est pourquoi certaines régions de France condamnent la récolte des fleurs sauvages. Cependant, si ses charmes ne vous laissent pas de marbre et qu’un bouquet printanier vous apporterait une dose de bonheur, sachez que vous pouvez lui offrir une place dans votre jardin car, de nombreux horticulteurs proposent des bulbes à la vente. A bon entendeur…

Sources

wikipédia

pixabay

https://www.jardindupicvert.com/bulbes-a-floraison-printaniere/1254-fritillaire-oeuf-de-pintade.html

http://nature.jardin.free.fr/1104/fritillaria_meleagris.html

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/98978

 

Faune et flore de Douzillac : Saule blanc

Nom commun : Saule commun, saule blanc, aubier, osier blanc, osier jaune, saule vivier, saule argenté

Nom latin : Salix alba

Famille : Salicacées 

Origine : Hémisphère Nord dans les zones humides ou proches des cours d’eau, donc supporte le gel et les innondations.

Milieu : Espèce pionnière, c’est à dire qu’il est l’un des premiers à coloniser ou recoloniser un espace écologique (ici, les zone humides)

Taille: Il peut atteindre 25 mètres de haut pour 10 mètres de large avec une croissance rapide mais sa hauteur peut être limitée par des coupes. successives. Dans certaines régions, il est utilisé pour la création d’arbres têtards. En éliminant les grosses branches, on favorise la création de rejets fins et droits, l’osier est alors coupé l’année suivante. En attendant 3 ou 4 ans, on récoltera des buchettes. Et la patience remplira le bûcher au bout de 5-10 ans.  Cf. lien pdf en bas de page.

Système racinaire : Pivotant et traçant.

Bois : Tendre, léger, peu résistant, mais souple pour les rameaux. Forte chaleur à la combustion.

Ecorce : Jeunes rameaux vert ou brun-vert  grisâtre se fissurant longitudinalement en vieillissant.

Port : Erigé, retombant avec une cime large

Feuillage : Feuilles (5 à 12 cm) caduques, alternes, lancéolées, étroites, effilées et vert-argentées, luisantes et finement dentées. Les jeunes pousses et feuilles sont recouvertes d’un duvet blanc soyeux qui donne une teinte argentée.

Reproduction : Plante dioïque, les saules ont soit des chatons males soit femelles. Au printemps (février-avril), les femelles portent des petits chatons verts ( 3 à 5 cm) pendants. Les males (7cm) se parent de fleurs jaunes placés à l’aisselle d’une feuille.

Fruit : Petite capsule contenant des petites graines duveteuses en juin sur les saules femelles.

Croissance : Rapide

Multiplication : Semis ou bouturage

Qualité du sol : Humifère, frais, profond, lourd, et de préférence non calcaire.

Exposition : Ensoleillée

Durée de vie : Une centaine d’années

Utilisation :

  • Bois de chauffage
  • Sculpture, sabots, battes de cricket
  • Fabrication de manches d’outils, perches.
  • Vannerie
  • Fabrication de fusain d’artiste
  • Phytothérapie : l’écorce soulage les douleurs et fièvres. L’aspirine a été synthétisée grâce au saule
  • Hormone de bouturage : eau de saule
  • Tanner le cuir

Un saule = un écosystème : Le nombre d’animaux vivants dans ou à proximité du saule est conséquent. De plus, les abeilles y trouvent du nectar et pollen à profusion en début de saison.

 

Cousins : 300 espèces de saules, arbres et sous-arbrisseaux dans le monde et une trentaine en France

Un peu d’histoire… un peu de folklore… un peu d’imagination…

  • Le saule est le symbole de la lune, de la femme et de l’eau.
  • Le saule est le symbole de l’immortalité dans la mythologie orientale, certainement lié au pouvoir de régénerescence d’un simple rameau planté en terre.
  • Les branchages étaient utilisées pour des rituels grecs,
  • La déesse inca du maïs, saramama était associée au saule,
  • Les sorcières chez les germains habiteraient dans la cime des saules, d’ailleurs les sorcières nouaient les rameaux de bouleau à leur balai avec des brins d’osier,
  • D’après les frères Grimm, il faut fabriquer une flute en bois de saule pour chasser le diable,
  • Le phénix vivrait dans un saule sacré,
  • Cueillir des branches au lever du soleil lors du solstice d’été serait un porte bonheur,
  • En Bretagne, on se servait d’une croix réalisée avec deux brins de saule sur la surface d’une source sacrée. Si elle flotte, alors la mort est prochaine, si elle coule rapidement, alors la vie sera longue,
  • Le dieu Coyote aurait créé des humains avec du saule et du cornouiller.

Bibliographie

 

http://www.arfe.fr

Wikipédia

http://www.tela-botanica.org/bdtfx-nn-59255-synthese

Des infos sur les saules têtard:

http://fne-franche-comte.fr/wp-content/uploads/2016/09/2016-09-07-plaquette-tetard-A4.pdf

 

ver de terre par Fir0002 / Flagstaffotos

Faune et flore de Douzillac : les vers de terre

Quels animaux n’ont ni yeux, ni oreilles, ni pattes et pas de poumons ? Les vers de terre…

Pour certains dégoûtants, pour d’autres insignifiants, ils sont pourtant des animaux clés pour tous les écosystèmes. La famille des Lumbricina représente la biomasse la plus importante de notre planète. Cela signifie que si l’on devait peser la totalité des vers de terre de la planète, ils seraient plus lourds que tous les animaux réunis de la Terre (humains compris). Les variations sont énormes, selon le milieu, on considère que sur 1 m² d’épicéa habite en moyenne 10 individus, alors que dans un pré non labouré et sans apport de pesticide jusqu’à 500 vers de terre au m², soit environ 1.1 tonne par hectare.

La quantité de terre digérée par les vers est phénoménale, tout de même entre 40 et 600 tonnes de turricules par an et par hectare. Pas étonnant que les permaculteurs ou jardiniers consciencieux de la vie fassent en sorte de les préserver. Mais cet engouement pour ces petits travailleurs discrets ne date pas d’hier : Aristote les appelait les « intestins de la terre » et Cléopâtre leurs offrit le titre d' »animal sacré »,  demandant aux paysans de ne pas les déranger pendant leurs labeurs, de ne pas les sortir de terre au risque de manquer de respect au dieu de la fertilité.

File:Turricule de ver de terre.jpg

Turricule de ver de terre

En effet, les vers de terre sont d’excellents indicateurs de la qualité du sol, 

  • jouant un rôle majeur dans la dégradation de la matière organique en décomposition,
  • en transformant cette matière organique en minéraux directement assimilable par les plantes,
  • en l’aérant,
  • en permettant l’infiltration de l’eau,
  • en contribuant au bon développement des racines,
  • en mélangeant la structure du sol,
  • en transférant et stockant le carbone.

Galeries d'endogés par Alainalele

En France, on compte environ 150 espèces de vers ayant chacune des caractéristiques morphologiques, comportementales et fonctionnelles différentes. On peut les distinguer en trois catégories :

  • Les Epigés affectionnent la litière en décomposition à la surface du sol, ne creusent pas ou rarement. Ils mesurent 10 cm maxi, sont souvent rouges foncés à brun pour se protéger du soleil. Sa raison de vivre : le mode 3D : Digérer, Décomposer, Déstructurer. Ils sont utilisés pour la fabrication de lombricomposteur.
  • Les Endogés sont reconnaissables par leurs dépigmentations. Vivant constamment dans le sol, ils sont roses. Ils s’alimentent en ingérant la matière organique du sol et rebouchent leurs galeries au fur et à mesure de leurs avancées avec leurs déjections. On les trouve à différentes profondeurs mais ils préfèrent les lieux où la matière organique est plus riche, près des racines, par exemple.
  • Les Anéciques (généralement de grandes tailles) chérissent la vie en galeries verticales. Ils vont chercher la matière organique en surface, l’emmènent en profondeur jusqu’à trois mètres, attendent que les micro-organismes la décomposent pour ensuite la manger avec de la terre. Leurs déjections sont visibles à la surface du sol (turricule) ou tapissent les murs de leurs galeries. Seuls leur tête est pigmentée (rouge à noire). Ce sont des laboureurs.

Ver de terre – Epigés

Quel que soit leurs genres, les vers de terre ont la capacité d’ingurgiter 20 à 30 fois son volume de terre par jour. Il est donc dans l’intérêt de tout producteur de végétaux de les élever pour se faciliter la vie. L’agriculture de conservation associant le non-labour, la couverture du sol et la diversification des rotations de culture permet d’obtenir une vie souterraine riche, soit un sol sain et fertile.

Excepté l’impact des activités de l’homme, les vers de terre ont des prédateurs comme tout le monde ; il faut bien se nourrir. On citera la taupe, le hérisson, la musaraigne, le renard roux, le blaireau, le crapaud, la grenouille, la salamandre, la couleuvre, le carabe rutilant et de nombreux oiseaux.

Bécasse des bois mangeant un ver de terre par Ronald Slabke

Tous les prédateurs ci-dessus sont des prédateurs naturels et endémiques. Les vers de terre ont développés des stratégies pour se protéger. Cependant, depuis 2014, une nouvelle espèce de ver plat, le Platydemus manokwari a été recensé en France. Arrivant directement de la Nouvelle-Guinée, il est très vorace d’escargots et limaces. Une fois qu’il a ravagé le secteur, il s’attaque volontiers aux lombrics. Un cas d’envahissement du nord des îles britanniques par Arthurdendyus triangulatus, venu de Nouvelle-Zélande a causé d’après des chercheurs « d’importantes diminutions des populations de vers de terre », et donc une baisse de la fertilité des sols. 

Le plat invasif de la Nouvelle-Guinée Platydemus manokwari en France – P. Gros-Justine, J.-L., Winsor, L., Gey, D., Thévenot, J. 2014

En espérant que ces quelques informations leurs seront aussi utiles qu’à vous.

A bientôt. 

Sources :

ONF

Wikipedia

Ver de terre.fr

http://www.supagro.fr/ress-pepites/processusecologiques/co/b_VDTBiologie.html

Ver de terre ou lombric au service de la fertilité : le monde

http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr

http://observatoire-agricole-biodiversite.fr/participer/les-protocoles/placettes-vers-de-terre

http://isyeb.mnhn.fr/IMG/pdf/justine_et_al_-_les_7_plathelminthes_-_phytoma2014.pdf

https://agriculture-de-conservation.com/Vers-de-terre-Le-saviez-vous.html

Faune et Flore de Douzillac : Le sureau noir

Le sureau noir (Sambucus nigra) ou grand sureau est l’un des arbustes connus des cueilleurs-gourmands. Comment le reconnaître pour concocter de savoureux pots de confitures, des beignets ou autres douceurs ?

Il peut  atteindre 6 m de haut et autant d’envergure. On le rencontre dans toute l’Europe dans les haies, les fossés, les lisières de forêts mais également les terres agricoles abandonnées et les décombres. La plupart du temps, il se plait dans un sol frais. En cette période, on l’identifie facilement grâce à ces fruits, excepté si les oiseaux se sont déjà servis (ce qui est probablement le cas).

Les plus pressés les goûteront sans attendre au pied de l’arbuste. Cependant, savamment accompagnées de sucre et d’épices, ces petites baies rouges, puis noires (signe qu’il est temps de remplir les paniers) se transformeront en gelée ou sirop révélant leurs goûts acidulés et sucrés. Pour les plus grands, le vin de sureau se prépare avec les fleurs que l’on récolte en juin. Bien que cet apéritif se consomme avec modération, il est compréhensible que l’on souhaite en préparer quelques bouteilles d’avance,  songer alors à laisser des ombelles sur l’arbuste afin qu’il puisse fructifier et assurer son rôle d’hôte des campagnes.

En effet, en laissant quelques fleurs sur l’arbre, vous permettez à de nombreux insectes de se nourrir. Le sureau héberge une faune importante dont des papillons, des abeilles sauvages, des guêpes et carabes qui nourriront à leurs tours les oiseaux. Ces derniers installent d’ailleurs très volontiers leurs nids sous l’épais couvert du feuillage.

Si vous êtes jardiniers, le sureau saura vous rendre service. Tout d’abord par les auxiliaires de culture qu’il héberge et d’autre part par ses propriétés insectifuges et antifongiques. En effet, vous pouvez pulvériser une décoction de 100 g de feuilles pour 1 litre d’eau sur vos plantes attaquées par les pucerons, altises et noctuelles. Cette préparation est à renouveler tous les trois jours. L’infusion (même dosage à infuser 12 heures) quant à elle serait efficace en traitement curatif contre les champignons (rouille, mildiou, oïdium…). Enfin, le purin de sureau éloignerait les rongeurs et les taupes.

Il est noté dans les vieux livres de déposer des feuilles de sureau sur les tas de grains pour prévenir les invasions de « charançons des grains ». pourquoi ne pas tenter d’en mettre dans les lieux de stockage des farines…

 

Si vous avez un doute concernant son identification, mieux vaut tout de même demander à un connaisseur. En effet, en France, il existe une plante toxique qui lui ressemble beaucoup : Sambucus Ebulus, le sureau  yèble ou faux-sureau. Pour vous éviter des troubles digestifs escortés de nausées plus ou moins virulentes, voici les caractéristiques qui vous permettront de faire la différence. Tout d’abord, le sureau yèble reste petit, compté deux mètres maximum car chaque hiver, il  disparaît. Par conséquent, le sureau yèble n’a pas d’écorce. Ensuite, pendant la période de la fructification, les grappes de fruits du faux-sureau sont dressées vers le ciel contrairement au sureau noir, dont les fruits tombent vers le sol.

Un peu d’histoire… un peu de folklore… un peu d’imagination.

Malgré son odeur caractéristique et pour le moins désagréable, le sureau noir accompagne nos ancêtres depuis des temps immémoriaux.  Des traces de son utilisation sur plusieurs sites préhistoriques ont été d‘ailleurs découverts.  C’est certainement pour cela qu’on lui a attribué des pouvoirs mystiques. Dans certains pays, on pense qu’il protège la maison et le jardin de la présence des esprits malins. Il parait qu’il ne serait jamais atteint par l’orage et que s’il se sème naturellement chez vous, la chance vous sourira…

Si vous être mélomane et habile, le sureau sera votre compagnon. En enlevant la moelle d’une branche, vous pourrez fabriquer une flûte qui vous suivra pendant vos ballades; peut-être l’occasion de rencontrer un faune périgourdin…

Sources:

Wikipédia

Guide des fruits sauvages  – fruits charnus – Gerard Gilllot et Jean-Emmanuel Roché

Lamontagne Michel – le nouvel agenda du jardinage

Larousse des plantes médicinales

Guide pratique du jardinier français ou manuel d’horticulture de Desmoulins Philippe

Faune et Flore de Douzillac: Moro-Sphinx

« Oh ! Regarde! Un colibri ! » Sauf s’il s’agit d’un oiseau échappé d’élevage, il n’y a pas de raison d’observer un colibri butiner nos fleurs. Par contre, le papillon Moro-Sphinx (Macroglossum stellatarum) a des traits communs, ce qui peut  parfois prêter à confusion.  Il s’agit d’un petit papillon trapu, d’environ 4-5 centimètres d’envergure qui mérite à plus d’un titre notre attention.

Photo d'un papillon Moro-Sphinx 2.png

Photo de Florent CABRET

Tout d’abord, c’est un insecte qui est très souvent confondu avec le fameux oiseau mouche car il est capable de faire un vol stationnaire avec 75 battements d’ailes par seconde à la recherche de nectar nourricier. On l’observe souvent dans nos jardins proches de fleurs violettes, bleues ou blanches. Sa longue trompe lui permet de récolter le nectar que les autres insectes n’ont pas pu atteindre. Vous pouvez l’observer également dans les prés, les buissons sur le gaillet, la valériane ou la silène…

Moro Sphinx 07-06-07.jpg

Photo de Yves Bougardier

En plus d’une dextérité exceptionnelle, ce petit papillon est également un des plus rapides de France. Il est capable de dépasser les 50 km/h, autrement dit plus de 13 m/s. Ses  qualités d’athlète ne sont plus à démontrer. Cependant, nous ne sommes pas au bout de ses surprises. En plus de l’agilité et  rapidité, on rajoutera l’endurance. Les concurrents du Tour de France n’ont qu’à bien se tenir…. 3000 km est la distance qu’il peut parcourir pour atteindre ses zones  estivales ou d’hivernage. De mai à juillet, ces migrateurs viennent agrandir la première génération qui est née sur place. Depuis quelques années, en effet, (est-ce dû au réchauffement climatique ?) des individus restent hiverner dans nos contrées, c’est pourquoi, nous les voyons de plus en plus tôt, parfois à partir de mars.

Distribution du Macroglossum stellatarum. En bleu: aire de répartition d’été En vert: aire de répartition toute l’année En jaune: aire de répartition possible d’hiver.

Voici quelques clichés pour illustrer le cycle de vie de ce petit papillon et peut-être vous permettre de l’identifier plus facilement.

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Photo de Harald Süpfle : œuf sur feuille de Gaillet

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Photo de A. M. Liosi : chenille de Moro-Sphinx – corne caractéristique des chenilles des Sphinx

 

 

 

 

Macroglossum.stellatarum.pupa.4090.Liosi.jpg

Photo de A. M. Liosi: chrysalide de Moro-Sphynx, Sa chenille passe l’hiver dans un cocon enfoui dans les feuilles mortes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Moro-sphinx a deux cousins avec lesquels on peut le confondre. Ils ont tout trois un apparence et un mode de vie similaire. Voici une série de photos de dos des trois butineurs fous:

 

Ressources:

D.J. Carter et B. Hargreaves, Guide des chenilles d’Europe, Paris 2001, Delachaux & Niestlé

https://www.insectes-net.fr/moro%20sphinx/moro-sphinx2.htm 

Wikipédia

La hulotte

Faune et Flore de Douzillac : Ophrys abeille

 

Une fois de plus, voici la preuve en images : la nature est généreuse et il n’est pas nécessaire de prendre l’avion  vers des contrées lointaines pour en observer la beauté. Il est vrai que les orchidées de nos contrées sont bien moins exubérantes  que leurs cousines tropicales. Elles sont souvent plus modestes, mais leurs charmes se révèlent tout aussi étonnants. Prenons comme exemple l’orchidée abeille, Ophrys apifera.

 

Alors que dans les régions tropicales, les orchidées sont souvent épiphytes (se dit d’un organisme utilisant un végétal comme support vivant), sous nos latitudes, les orchidées sont pour la majorité terrestres; elles présentent donc une partie souterraine comme un rhyzome ou un bulbe. L’orchidée Abeille apprécie les sols calcaires en plein soleil ou mi-ombre. On la trouve partout en France dans les prés ras, les bois clairs, les coteaux, au bord des routes jusqu’à 1500 m d’altitude.

 

Ophrys apifera après l’orage de ce week-end – Virginie Varlet

L’ophrys abeille est une fleur séductrice qui est bien décidée à mettre tout en oeuvre pour se reproduire. Entre avril et juillet, selon les régions, vous remarquerez son spectaculaire labelle qui a comme objectif d’attirer un insecte pollinisateur vers le cœur de la fleur à la manière d’une piste d’atterrissage.

Ophrys apifera – Virginie Varlet

L’ophrys abeille a évolué de telle sorte que son labelle imite l’abdomen de femelle d’abeille solitaire. Cette escroquerie permet à la fleur d’être pollinisée sans offrir de nectar en retour. Comme elle ne fait pas les choses à moitié, elle sécrète également une odeur imitant une fois de plus l’abeille femelle. Le mâle leurré transporte le pollen lors de fausses copulations entre les différentes fleurs.

Si la plante considère qu’elle ne sera pas fécondée à temps, elle utilise une seconde technique: l’autofécondation. Elle libère alors ses pollinies (petit sac adhésif contenant le pollen cf. flèche sur photo suivante) qui se collera au stigmate de la même fleur au lieu de se coller sur le dos ou la tête de l’insecte pollinisateur. 

Ophrys apifera dont les pollinies descendent pour autofécondation avec un syrphe en approche – Virginie Varlet

Une fois la fécondation réalisée, les ovaires vont se transformer en fruits contenant quelques centaines de graines minuscules. Elles seront ensuite emportées par le vent. Seules quelques-unes d’entre elles réussiront à germer. En effet, il faudra qu’elles rencontrent à leur tour un champignon microscopique et qu’une symbiose parfaite se dessine entre eux pour qu »une nouvelle orchidée voit le jour et s’épanouisse. 

Ophrys apifera -hans hillewaert

Les stratagèmes utilisés par les orchidées pour survivre sont pour moi la preuve que les plantes peuvent être tout aussi complexes que les animaux. Elles ont réussi à développer une silhouette attirante capable de supporter le poids de l’insecte, des couleurs  séduisantes, des odeurs alléchantes, des pétales qui ressemblent à des antennes. Dans le cas où l’insecte pollinisateur ne serait pas à la hauteur de ses espérances, une solution pour se féconder toute seule. Les orchidées sont  pour moi une des championnes végétales de l’évolution.

On en compte dans le monde plus de 30000 espèces. En France, on recense entre 150 et 160 espèces et sous-espèces, dont 44 espèces dénombrées en Dordogne par le Conseil Général.

 

Ophrys_apifera- Alun Williams333

Ressources:

Wikipédia

Nicolas Helitas/la famille des orchidées

Schéma directeur des espaces naturels sensibles de la Dordogne 2009 – 2015

Natagora

Société de Photographie d’Histoire Naturelle

Faune et Flore de Douzillac: l’orchis brûlée

Juste pour le plaisir de partager!

C’est le moment d’observer l’Orchis brûlée, Neotinea ustulata (L.) qui est une orchidée sauvage de 10 à 30 cm de haut que l’on croise sur les près secs calcaires de pleine lumière à Douzillac. On la nomme aussi orchis mouchette, certainement parce que c’est une mouche qui se charge de polliniser les fleurs.

Les près de Dordogne n’ont rien à envier aux étalages des fleuristes. Par contre, c’est une espèce protégée, merci de ne pas la cueillir et la laisser s’épanouir aux yeux de tous.

 

Faune et flore de Douzillac: le pic noir

Il y a quelques semaines, en prenant le temps de regarder la ramure des arbres se parer de vert tendre, je vois une corneille passer au-dessus de ma tête. Je me suis vite ravisée, c’était en fait un pic noir. C’est la première fois que je le vois, depuis le temps que je l’entends tambouriner, je n’attendais que çà. Comme c’est une espèce installée récemment sur le département, c’est l’occasion de creuser un peu et de partager….

En France, on compte 9 espèces de pics (en gras, les espèces présentes en Dordogne) :

  • Le torcol fourmilier Jynx torquilla,
  • le Pic cendré Picus canus,
  • le Pic Vert Picus viridis,
  • le Pic noir Dryocopus martius,
  • le Pic épeiche Dendrocopos major,
  • le Pic mar Dendrocopos medius,
  • le Pic à dos blanc Dendrocopos leucotos,
  • le Pic épeichette Dendrocopos minor,
  • le Pic tridactyle Picoides tridactylus.

Parmi cette liste, le pic noir est le plus grand, environ 55 cm de long pour 65 cm d’envergure. Son plumage est entièrement noir excepté une calotte rouge vif  partant du front jusqu’à la nuque (seulement sur la nuque pour la femelle). Le contraste de son plumage avec son œil jaune pâle lui apporte un esthétisme sans pareil.

 

pic noir – photo prise par Nouhouhouk

 

Le pic, comme tous les pics, est lié au milieu forestier. Chaque espèce a des besoins différents, mais le pic noir a une nette préférence pour les grandes superficies boisées (200 à 500 ha) d’arbres âgés, de gros diamètres avec du bois mort en abondance comme des souches, des grosses branches et des troncs pour y chasser les coléoptères types scolyte, capricornes ou longicornes. Il  recherche alors les galeries d’insectes xylophages (qui mangent le bois). Cependant, le pic noir est extrêmement friand des fourmis qui composent une partie conséquente de son menu. Il varie son régime alimentaire insectivore par des petits escargots, mille-pattes, araignées ainsi que des baies et  graines de pin, voir d’œufs d’oiseaux.

Sa morphologie est très bien adaptée  à son régime alimentaire. En effet, ses pattes sont courtes et  pourvues de 4 ongles robustes et crochus, deux orientés vers l’avant, deux vers l’arrière, ce qui lui permet de grimper aux arbres sans difficulté. Sa queue dont les plumes sont rigides lui permet de prendre appui sur le tronc ou les branches. Une fois les proies repérées dans le bois ou sous l’écorce, il creuse avec son bec et projette sa très longue et fine langue visqueuse dont l’extrémité petite, plate et pointue, est ornée de petits crochets.

Pic noir male adulte – photo de xulescu-g

Normalement, le pic adulte est sédentaire ; en hiver, il s’installe dans un ancien nid où il reste assez discret. En dehors de la période de reproduction, c’est un animal assez solitaire. Par contre à partir de janvier-février, il commence à tambouriner sur des branches creuses que l’on peut parfois entendre jusqu’à 1 km. La parade prénuptiale peut durer deux mois ; deux mois à se poursuivre, à prendre des attitudes typiques comme balancer la tête en décrivant des cercles et à crier pour délimiter les limites de territoires.

L’arbre choisi par le couple doit avoir une circonférence  pouvant accueillir une cavité de 25 à 50 cm de profondeur et de 21 à 22 cm de diamètre dont le fond est tapi de poussières de bois et de copeaux. Ce tronc doit être dépourvu de branche sur les premiers mètres pour faciliter le nourrissage. Ils privilégient les hêtres mais peuvent également s’accommoder de chênes, peupliers, ou merisier.  La création du nid se fait à deux et peut durer 1 mois. En avril-mai, la femelle pond 2 à 5 œufs qui seront couvés par les deux sexes pendant 12 jours. Les oisillons seront nourris de 12 à 29 fois par jour avec principalement des grosses larves et des fourmis. Au bout d’un mois la portée quitte le nid et le couple se sépare en prenant en charge la moitié de la portée chacun. Fin juillet-début aout, les petits sont indépendants.

Pic noir male et les jeunes au nid -photo de Alastair Rae 

Le talent de foreur du pic noir est apprécié par d’autres locataires cavernicoles (chouette, martre des pins, mésanges, sitelle, guêpes, frelons, chauve-souris…) qui cherchent à accaparer ce logement de choix, quitte à parfois y chasser le propriétaire.

Concernant ses prédateurs, la martre des pins, le chat et tout autre carnivore bon grimpeur lui fait la chasse. Mais pas seulement, fut une époque où l’homme considérait que les pics étaient néfastes. C’est évident que si le propriétaire de la parcelle est sylviculteur, il risque de ne pas l’apprécier, car le pic noir niche sur la partie du tronc la plus rentable, économiquement parlant. Cependant, en tenant en considération que le pic est assez fidèle à son nid et que la densité de population est faible (de 150 à 600 ha et plus/couple), le pic n’est pas le plus grand ravageur de nos forêts. Aujourd’hui, de plus en plus de gestionnaires forestiers sont sensibilisés à l’intérêt de laisser sur pied les arbres morts pour leurs rôles indéniable dans l’écologie forestière. 

D’un point de vue juridique, toutes les espèces de pics sont protégées sur le territoire français.

Pour finir, voici quelques images de Fred P. qui vous permettra d’observer son déplacement sur le tronc, d’entendre son chant caractéristique et qui sait… peut-être de l’apercevoir et partager à votre tour l’observation sur :

http://umap.openstreetmap.fr/fr/map/nature-faune-et-flore-de-douzillac_55646#12/45.0986/0.4087

Bibliographies :

http://files.biolovision.net/www.atlas-ornitho.fr/pdffiles/Dossierpics1-1261.pdf

http://www.oiseaux.net/oiseaux/pic.noir.html

http://morbihan.lpo.fr/les-oiseaux/article/le-pic-noir

https://inpn.mnhn.fr/docs/cahab/fiches/Pic-noir.pdf

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pic_noir

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