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ver de terre par Fir0002 / Flagstaffotos

Faune et flore de Douzillac : les vers de terre

Quels animaux n’ont ni yeux, ni oreilles, ni pattes et pas de poumons ? Les vers de terre…

Pour certains dégoûtants, pour d’autres insignifiants, ils sont pourtant des animaux clés pour tous les écosystèmes. La famille des Lumbricina représente la biomasse la plus importante de notre planète. Cela signifie que si l’on devait peser la totalité des vers de terre de la planète, ils seraient plus lourds que tous les animaux réunis de la Terre (humains compris). Les variations sont énormes, selon le milieu, on considère que sur 1 m² d’épicéa habite en moyenne 10 individus, alors que dans un pré non labouré et sans apport de pesticide jusqu’à 500 vers de terre au m², soit environ 1.1 tonne par hectare.

La quantité de terre digérée par les vers est phénoménale, tout de même entre 40 et 600 tonnes de turricules par an et par hectare. Pas étonnant que les permaculteurs ou jardiniers consciencieux de la vie fassent en sorte de les préserver. Mais cet engouement pour ces petits travailleurs discrets ne date pas d’hier : Aristote les appelait les « intestins de la terre » et Cléopâtre leurs offrit le titre d' »animal sacré »,  demandant aux paysans de ne pas les déranger pendant leurs labeurs, de ne pas les sortir de terre au risque de manquer de respect au dieu de la fertilité.

File:Turricule de ver de terre.jpg

Turricule de ver de terre

En effet, les vers de terre sont d’excellents indicateurs de la qualité du sol, 

  • jouant un rôle majeur dans la dégradation de la matière organique en décomposition,
  • en transformant cette matière organique en minéraux directement assimilable par les plantes,
  • en l’aérant,
  • en permettant l’infiltration de l’eau,
  • en contribuant au bon développement des racines,
  • en mélangeant la structure du sol,
  • en transférant et stockant le carbone.

Galeries d'endogés par Alainalele

En France, on compte environ 150 espèces de vers ayant chacune des caractéristiques morphologiques, comportementales et fonctionnelles différentes. On peut les distinguer en trois catégories :

  • Les Epigés affectionnent la litière en décomposition à la surface du sol, ne creusent pas ou rarement. Ils mesurent 10 cm maxi, sont souvent rouges foncés à brun pour se protéger du soleil. Sa raison de vivre : le mode 3D : Digérer, Décomposer, Déstructurer. Ils sont utilisés pour la fabrication de lombricomposteur.
  • Les Endogés sont reconnaissables par leurs dépigmentations. Vivant constamment dans le sol, ils sont roses. Ils s’alimentent en ingérant la matière organique du sol et rebouchent leurs galeries au fur et à mesure de leurs avancées avec leurs déjections. On les trouve à différentes profondeurs mais ils préfèrent les lieux où la matière organique est plus riche, près des racines, par exemple.
  • Les Anéciques (généralement de grandes tailles) chérissent la vie en galeries verticales. Ils vont chercher la matière organique en surface, l’emmènent en profondeur jusqu’à trois mètres, attendent que les micro-organismes la décomposent pour ensuite la manger avec de la terre. Leurs déjections sont visibles à la surface du sol (turricule) ou tapissent les murs de leurs galeries. Seuls leur tête est pigmentée (rouge à noire). Ce sont des laboureurs.

Ver de terre – Epigés

Quel que soit leurs genres, les vers de terre ont la capacité d’ingurgiter 20 à 30 fois son volume de terre par jour. Il est donc dans l’intérêt de tout producteur de végétaux de les élever pour se faciliter la vie. L’agriculture de conservation associant le non-labour, la couverture du sol et la diversification des rotations de culture permet d’obtenir une vie souterraine riche, soit un sol sain et fertile.

Excepté l’impact des activités de l’homme, les vers de terre ont des prédateurs comme tout le monde ; il faut bien se nourrir. On citera la taupe, le hérisson, la musaraigne, le renard roux, le blaireau, le crapaud, la grenouille, la salamandre, la couleuvre, le carabe rutilant et de nombreux oiseaux.

Bécasse des bois mangeant un ver de terre par Ronald Slabke

Tous les prédateurs ci-dessus sont des prédateurs naturels et endémiques. Les vers de terre ont développés des stratégies pour se protéger. Cependant, depuis 2014, une nouvelle espèce de ver plat, le Platydemus manokwari a été recensé en France. Arrivant directement de la Nouvelle-Guinée, il est très vorace d’escargots et limaces. Une fois qu’il a ravagé le secteur, il s’attaque volontiers aux lombrics. Un cas d’envahissement du nord des îles britanniques par Arthurdendyus triangulatus, venu de Nouvelle-Zélande a causé d’après des chercheurs « d’importantes diminutions des populations de vers de terre », et donc une baisse de la fertilité des sols. 

Le plat invasif de la Nouvelle-Guinée Platydemus manokwari en France – P. Gros-Justine, J.-L., Winsor, L., Gey, D., Thévenot, J. 2014

En espérant que ces quelques informations leurs seront aussi utiles qu’à vous.

A bientôt. 

Sources :

ONF

Wikipedia

Ver de terre.fr

http://www.supagro.fr/ress-pepites/processusecologiques/co/b_VDTBiologie.html

Ver de terre ou lombric au service de la fertilité : le monde

http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr

http://observatoire-agricole-biodiversite.fr/participer/les-protocoles/placettes-vers-de-terre

http://isyeb.mnhn.fr/IMG/pdf/justine_et_al_-_les_7_plathelminthes_-_phytoma2014.pdf

https://agriculture-de-conservation.com/Vers-de-terre-Le-saviez-vous.html

Faune et Flore de Douzillac : Le sureau noir

Le sureau noir (Sambucus nigra) ou grand sureau est l’un des arbustes connus des cueilleurs-gourmands. Comment le reconnaître pour concocter de savoureux pots de confitures, des beignets ou autres douceurs ?

Il peut  atteindre 6 m de haut et autant d’envergure. On le rencontre dans toute l’Europe dans les haies, les fossés, les lisières de forêts mais également les terres agricoles abandonnées et les décombres. La plupart du temps, il se plait dans un sol frais. En cette période, on l’identifie facilement grâce à ces fruits, excepté si les oiseaux se sont déjà servis (ce qui est probablement le cas).

Les plus pressés les goûteront sans attendre au pied de l’arbuste. Cependant, savamment accompagnées de sucre et d’épices, ces petites baies rouges, puis noires (signe qu’il est temps de remplir les paniers) se transformeront en gelée ou sirop révélant leurs goûts acidulés et sucrés. Pour les plus grands, le vin de sureau se prépare avec les fleurs que l’on récolte en juin. Bien que cet apéritif se consomme avec modération, il est compréhensible que l’on souhaite en préparer quelques bouteilles d’avance,  songer alors à laisser des ombelles sur l’arbuste afin qu’il puisse fructifier et assurer son rôle d’hôte des campagnes.

En effet, en laissant quelques fleurs sur l’arbre, vous permettez à de nombreux insectes de se nourrir. Le sureau héberge une faune importante dont des papillons, des abeilles sauvages, des guêpes et carabes qui nourriront à leurs tours les oiseaux. Ces derniers installent d’ailleurs très volontiers leurs nids sous l’épais couvert du feuillage.

Si vous êtes jardiniers, le sureau saura vous rendre service. Tout d’abord par les auxiliaires de culture qu’il héberge et d’autre part par ses propriétés insectifuges et antifongiques. En effet, vous pouvez pulvériser une décoction de 100 g de feuilles pour 1 litre d’eau sur vos plantes attaquées par les pucerons, altises et noctuelles. Cette préparation est à renouveler tous les trois jours. L’infusion (même dosage à infuser 12 heures) quant à elle serait efficace en traitement curatif contre les champignons (rouille, mildiou, oïdium…). Enfin, le purin de sureau éloignerait les rongeurs et les taupes.

Il est noté dans les vieux livres de déposer des feuilles de sureau sur les tas de grains pour prévenir les invasions de « charançons des grains ». pourquoi ne pas tenter d’en mettre dans les lieux de stockage des farines…

 

Si vous avez un doute concernant son identification, mieux vaut tout de même demander à un connaisseur. En effet, en France, il existe une plante toxique qui lui ressemble beaucoup : Sambucus Ebulus, le sureau  yèble ou faux-sureau. Pour vous éviter des troubles digestifs escortés de nausées plus ou moins virulentes, voici les caractéristiques qui vous permettront de faire la différence. Tout d’abord, le sureau yèble reste petit, compté deux mètres maximum car chaque hiver, il  disparaît. Par conséquent, le sureau yèble n’a pas d’écorce. Ensuite, pendant la période de la fructification, les grappes de fruits du faux-sureau sont dressées vers le ciel contrairement au sureau noir, dont les fruits tombent vers le sol.

Un peu d’histoire… un peu de folklore… un peu d’imagination.

Malgré son odeur caractéristique et pour le moins désagréable, le sureau noir accompagne nos ancêtres depuis des temps immémoriaux.  Des traces de son utilisation sur plusieurs sites préhistoriques ont été d‘ailleurs découverts.  C’est certainement pour cela qu’on lui a attribué des pouvoirs mystiques. Dans certains pays, on pense qu’il protège la maison et le jardin de la présence des esprits malins. Il parait qu’il ne serait jamais atteint par l’orage et que s’il se sème naturellement chez vous, la chance vous sourira…

Si vous être mélomane et habile, le sureau sera votre compagnon. En enlevant la moelle d’une branche, vous pourrez fabriquer une flûte qui vous suivra pendant vos ballades; peut-être l’occasion de rencontrer un faune périgourdin…

Sources:

Wikipédia

Guide des fruits sauvages  – fruits charnus – Gerard Gilllot et Jean-Emmanuel Roché

Lamontagne Michel – le nouvel agenda du jardinage

Larousse des plantes médicinales

Guide pratique du jardinier français ou manuel d’horticulture de Desmoulins Philippe

Faune et Flore de Douzillac: Moro-Sphinx

« Oh ! Regarde! Un colibri ! » Sauf s’il s’agit d’un oiseau échappé d’élevage, il n’y a pas de raison d’observer un colibri butiner nos fleurs. Par contre, le papillon Moro-Sphinx (Macroglossum stellatarum) a des traits communs, ce qui peut  parfois prêter à confusion.  Il s’agit d’un petit papillon trapu, d’environ 4-5 centimètres d’envergure qui mérite à plus d’un titre notre attention.

Photo d'un papillon Moro-Sphinx 2.png

Photo de Florent CABRET

Tout d’abord, c’est un insecte qui est très souvent confondu avec le fameux oiseau mouche car il est capable de faire un vol stationnaire avec 75 battements d’ailes par seconde à la recherche de nectar nourricier. On l’observe souvent dans nos jardins proches de fleurs violettes, bleues ou blanches. Sa longue trompe lui permet de récolter le nectar que les autres insectes n’ont pas pu atteindre. Vous pouvez l’observer également dans les prés, les buissons sur le gaillet, la valériane ou la silène…

Moro Sphinx 07-06-07.jpg

Photo de Yves Bougardier

En plus d’une dextérité exceptionnelle, ce petit papillon est également un des plus rapides de France. Il est capable de dépasser les 50 km/h, autrement dit plus de 13 m/s. Ses  qualités d’athlète ne sont plus à démontrer. Cependant, nous ne sommes pas au bout de ses surprises. En plus de l’agilité et  rapidité, on rajoutera l’endurance. Les concurrents du Tour de France n’ont qu’à bien se tenir…. 3000 km est la distance qu’il peut parcourir pour atteindre ses zones  estivales ou d’hivernage. De mai à juillet, ces migrateurs viennent agrandir la première génération qui est née sur place. Depuis quelques années, en effet, (est-ce dû au réchauffement climatique ?) des individus restent hiverner dans nos contrées, c’est pourquoi, nous les voyons de plus en plus tôt, parfois à partir de mars.

Distribution du Macroglossum stellatarum. En bleu: aire de répartition d’été En vert: aire de répartition toute l’année En jaune: aire de répartition possible d’hiver.

Voici quelques clichés pour illustrer le cycle de vie de ce petit papillon et peut-être vous permettre de l’identifier plus facilement.

Macroglossum stellatarum - egg 1 (HS).JPG

Photo de Harald Süpfle : œuf sur feuille de Gaillet

Macroglossum.stellatarum.caterpillar.3078.Liosi.jpg

Photo de A. M. Liosi : chenille de Moro-Sphinx – corne caractéristique des chenilles des Sphinx

 

 

 

 

Macroglossum.stellatarum.pupa.4090.Liosi.jpg

Photo de A. M. Liosi: chrysalide de Moro-Sphynx, Sa chenille passe l’hiver dans un cocon enfoui dans les feuilles mortes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Moro-sphinx a deux cousins avec lesquels on peut le confondre. Ils ont tout trois un apparence et un mode de vie similaire. Voici une série de photos de dos des trois butineurs fous:

 

Ressources:

D.J. Carter et B. Hargreaves, Guide des chenilles d’Europe, Paris 2001, Delachaux & Niestlé

https://www.insectes-net.fr/moro%20sphinx/moro-sphinx2.htm 

Wikipédia

La hulotte

Faune et Flore de Douzillac : Ophrys abeille

 

Une fois de plus, voici la preuve en images : la nature est généreuse et il n’est pas nécessaire de prendre l’avion  vers des contrées lointaines pour en observer la beauté. Il est vrai que les orchidées de nos contrées sont bien moins exubérantes  que leurs cousines tropicales. Elles sont souvent plus modestes, mais leurs charmes se révèlent tout aussi étonnants. Prenons comme exemple l’orchidée abeille, Ophrys apifera.

 

Alors que dans les régions tropicales, les orchidées sont souvent épiphytes (se dit d’un organisme utilisant un végétal comme support vivant), sous nos latitudes, les orchidées sont pour la majorité terrestres; elles présentent donc une partie souterraine comme un rhyzome ou un bulbe. L’orchidée Abeille apprécie les sols calcaires en plein soleil ou mi-ombre. On la trouve partout en France dans les prés ras, les bois clairs, les coteaux, au bord des routes jusqu’à 1500 m d’altitude.

 

Ophrys apifera après l’orage de ce week-end – Virginie Varlet

L’ophrys abeille est une fleur séductrice qui est bien décidée à mettre tout en oeuvre pour se reproduire. Entre avril et juillet, selon les régions, vous remarquerez son spectaculaire labelle qui a comme objectif d’attirer un insecte pollinisateur vers le cœur de la fleur à la manière d’une piste d’atterrissage.

Ophrys apifera – Virginie Varlet

L’ophrys abeille a évolué de telle sorte que son labelle imite l’abdomen de femelle d’abeille solitaire. Cette escroquerie permet à la fleur d’être pollinisée sans offrir de nectar en retour. Comme elle ne fait pas les choses à moitié, elle sécrète également une odeur imitant une fois de plus l’abeille femelle. Le mâle leurré transporte le pollen lors de fausses copulations entre les différentes fleurs.

Si la plante considère qu’elle ne sera pas fécondée à temps, elle utilise une seconde technique: l’autofécondation. Elle libère alors ses pollinies (petit sac adhésif contenant le pollen cf. flèche sur photo suivante) qui se collera au stigmate de la même fleur au lieu de se coller sur le dos ou la tête de l’insecte pollinisateur. 

Ophrys apifera dont les pollinies descendent pour autofécondation avec un syrphe en approche – Virginie Varlet

Une fois la fécondation réalisée, les ovaires vont se transformer en fruits contenant quelques centaines de graines minuscules. Elles seront ensuite emportées par le vent. Seules quelques-unes d’entre elles réussiront à germer. En effet, il faudra qu’elles rencontrent à leur tour un champignon microscopique et qu’une symbiose parfaite se dessine entre eux pour qu »une nouvelle orchidée voit le jour et s’épanouisse. 

Ophrys apifera -hans hillewaert

Les stratagèmes utilisés par les orchidées pour survivre sont pour moi la preuve que les plantes peuvent être tout aussi complexes que les animaux. Elles ont réussi à développer une silhouette attirante capable de supporter le poids de l’insecte, des couleurs  séduisantes, des odeurs alléchantes, des pétales qui ressemblent à des antennes. Dans le cas où l’insecte pollinisateur ne serait pas à la hauteur de ses espérances, une solution pour se féconder toute seule. Les orchidées sont  pour moi une des championnes végétales de l’évolution.

On en compte dans le monde plus de 30000 espèces. En France, on recense entre 150 et 160 espèces et sous-espèces, dont 44 espèces dénombrées en Dordogne par le Conseil Général.

 

Ophrys_apifera- Alun Williams333

Ressources:

Wikipédia

Nicolas Helitas/la famille des orchidées

Schéma directeur des espaces naturels sensibles de la Dordogne 2009 – 2015

Natagora

Société de Photographie d’Histoire Naturelle

Faune et Flore de Douzillac: l’orchis brûlée

Juste pour le plaisir de partager!

C’est le moment d’observer l’Orchis brûlée, Neotinea ustulata (L.) qui est une orchidée sauvage de 10 à 30 cm de haut que l’on croise sur les près secs calcaires de pleine lumière à Douzillac. On la nomme aussi orchis mouchette, certainement parce que c’est une mouche qui se charge de polliniser les fleurs.

Les près de Dordogne n’ont rien à envier aux étalages des fleuristes. Par contre, c’est une espèce protégée, merci de ne pas la cueillir et la laisser s’épanouir aux yeux de tous.

 

Faune et flore de Douzillac: le pic noir

Il y a quelques semaines, en prenant le temps de regarder la ramure des arbres se parer de vert tendre, je vois une corneille passer au-dessus de ma tête. Je me suis vite ravisée, c’était en fait un pic noir. C’est la première fois que je le vois, depuis le temps que je l’entends tambouriner, je n’attendais que çà. Comme c’est une espèce installée récemment sur le département, c’est l’occasion de creuser un peu et de partager….

En France, on compte 9 espèces de pics (en gras, les espèces présentes en Dordogne) :

  • Le torcol fourmilier Jynx torquilla,
  • le Pic cendré Picus canus,
  • le Pic Vert Picus viridis,
  • le Pic noir Dryocopus martius,
  • le Pic épeiche Dendrocopos major,
  • le Pic mar Dendrocopos medius,
  • le Pic à dos blanc Dendrocopos leucotos,
  • le Pic épeichette Dendrocopos minor,
  • le Pic tridactyle Picoides tridactylus.

Parmi cette liste, le pic noir est le plus grand, environ 55 cm de long pour 65 cm d’envergure. Son plumage est entièrement noir excepté une calotte rouge vif  partant du front jusqu’à la nuque (seulement sur la nuque pour la femelle). Le contraste de son plumage avec son œil jaune pâle lui apporte un esthétisme sans pareil.

 

pic noir – photo prise par Nouhouhouk

 

Le pic, comme tous les pics, est lié au milieu forestier. Chaque espèce a des besoins différents, mais le pic noir a une nette préférence pour les grandes superficies boisées (200 à 500 ha) d’arbres âgés, de gros diamètres avec du bois mort en abondance comme des souches, des grosses branches et des troncs pour y chasser les coléoptères types scolyte, capricornes ou longicornes. Il  recherche alors les galeries d’insectes xylophages (qui mangent le bois). Cependant, le pic noir est extrêmement friand des fourmis qui composent une partie conséquente de son menu. Il varie son régime alimentaire insectivore par des petits escargots, mille-pattes, araignées ainsi que des baies et  graines de pin, voir d’œufs d’oiseaux.

Sa morphologie est très bien adaptée  à son régime alimentaire. En effet, ses pattes sont courtes et  pourvues de 4 ongles robustes et crochus, deux orientés vers l’avant, deux vers l’arrière, ce qui lui permet de grimper aux arbres sans difficulté. Sa queue dont les plumes sont rigides lui permet de prendre appui sur le tronc ou les branches. Une fois les proies repérées dans le bois ou sous l’écorce, il creuse avec son bec et projette sa très longue et fine langue visqueuse dont l’extrémité petite, plate et pointue, est ornée de petits crochets.

Pic noir male adulte – photo de xulescu-g

Normalement, le pic adulte est sédentaire ; en hiver, il s’installe dans un ancien nid où il reste assez discret. En dehors de la période de reproduction, c’est un animal assez solitaire. Par contre à partir de janvier-février, il commence à tambouriner sur des branches creuses que l’on peut parfois entendre jusqu’à 1 km. La parade prénuptiale peut durer deux mois ; deux mois à se poursuivre, à prendre des attitudes typiques comme balancer la tête en décrivant des cercles et à crier pour délimiter les limites de territoires.

L’arbre choisi par le couple doit avoir une circonférence  pouvant accueillir une cavité de 25 à 50 cm de profondeur et de 21 à 22 cm de diamètre dont le fond est tapi de poussières de bois et de copeaux. Ce tronc doit être dépourvu de branche sur les premiers mètres pour faciliter le nourrissage. Ils privilégient les hêtres mais peuvent également s’accommoder de chênes, peupliers, ou merisier.  La création du nid se fait à deux et peut durer 1 mois. En avril-mai, la femelle pond 2 à 5 œufs qui seront couvés par les deux sexes pendant 12 jours. Les oisillons seront nourris de 12 à 29 fois par jour avec principalement des grosses larves et des fourmis. Au bout d’un mois la portée quitte le nid et le couple se sépare en prenant en charge la moitié de la portée chacun. Fin juillet-début aout, les petits sont indépendants.

Pic noir male et les jeunes au nid -photo de Alastair Rae 

Le talent de foreur du pic noir est apprécié par d’autres locataires cavernicoles (chouette, martre des pins, mésanges, sitelle, guêpes, frelons, chauve-souris…) qui cherchent à accaparer ce logement de choix, quitte à parfois y chasser le propriétaire.

Concernant ses prédateurs, la martre des pins, le chat et tout autre carnivore bon grimpeur lui fait la chasse. Mais pas seulement, fut une époque où l’homme considérait que les pics étaient néfastes. C’est évident que si le propriétaire de la parcelle est sylviculteur, il risque de ne pas l’apprécier, car le pic noir niche sur la partie du tronc la plus rentable, économiquement parlant. Cependant, en tenant en considération que le pic est assez fidèle à son nid et que la densité de population est faible (de 150 à 600 ha et plus/couple), le pic n’est pas le plus grand ravageur de nos forêts. Aujourd’hui, de plus en plus de gestionnaires forestiers sont sensibilisés à l’intérêt de laisser sur pied les arbres morts pour leurs rôles indéniable dans l’écologie forestière. 

D’un point de vue juridique, toutes les espèces de pics sont protégées sur le territoire français.

Pour finir, voici quelques images de Fred P. qui vous permettra d’observer son déplacement sur le tronc, d’entendre son chant caractéristique et qui sait… peut-être de l’apercevoir et partager à votre tour l’observation sur :

http://umap.openstreetmap.fr/fr/map/nature-faune-et-flore-de-douzillac_55646#12/45.0986/0.4087

Bibliographies :

http://files.biolovision.net/www.atlas-ornitho.fr/pdffiles/Dossierpics1-1261.pdf

http://www.oiseaux.net/oiseaux/pic.noir.html

http://morbihan.lpo.fr/les-oiseaux/article/le-pic-noir

https://inpn.mnhn.fr/docs/cahab/fiches/Pic-noir.pdf

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pic_noir

Retour de nos amies Douzillacoises

Juste pour le plaisir des yeux …

Faune et flore de Douzillac: l’aulne glutineux

Vergt et Manzac-sur-Vern puiseraient leurs origines dans les racines du vieil occitan Vèrhne (vern), signifiant aulne. Vergne, verne, ou aune est un arbre reconnaissable en cette période assez facilement. Avec ces quelques astuces, vous pourrez le reconnaître quasiment à coup sur.  

Tout d’abord, ne le cherchez pas sur des sols secs: l’aulne est une espèce des cours d’eau ou de sol marécageux. En second lieu, c’est une espèce de pleine lumière, pionnière qui apprécie peu la présence d’autres espèces quitte à laisser sa place.

En hiver, ses fruits secs (strobiles) caractéristiques permettent de le différencier des autres arbres assez rapidement. Une image vaut mille mots :

 

photo de Dixi

Son port est assez élancé avec un tronc souvent droit maintenant des branches presque horizontales. Il peut attendre 30 mètres de haut. Les jeunes branches portent des bourgeons de teinte violette.

En mars-avril, la floraison débute bien avant la sortie des feuilles. Vient ensuite le temps de la végétation luxuriante, des feuilles ovales et dentées s’épanouissent. Elles aussi se distinguent facilement grâce à leurs formes rabotées au sommet, puis par leurs textures gluantes (d’où aulne glutineux). Elles sont vertes foncées et luisantes au-dessus, mates et plus claires en dessous.

photo de Dimitar Naydenov

L’aulne, un ménage à trois…

Cent ans les pieds immergés dans l’eau, cela relève de l’exploit. Dans la cohorte des arbres peu en sont capables. Son secret ? Un réseau associatif bien développé… il vit en symbiose avec des champignons (mycorhization) et bactéries (actinorhization). Les champignons s’installent autour de ses racines, elles ont un rôle d’éponge et apportent l’eau nécessaire à la plante tout au long de l’année, cette eau est chargée en minéraux et en vitamines. De plus, le champignon le protège de maladies. L’aulne, en contrepartie lui apporte les éléments puisés en profondeur nécessaires à son développement.

Les bactéries se sont installées au niveau des racines, protégées dans des nodosités. Elles y fixent l’azote de l’air (faisant souvent défaut en milieu très humide), l’aulne a donc une réserve d’énergie nécessaire à sa croissance.

 

Nodosités – photo de Luis Fernandez Garcia

L’aulne n’a rien à envier aux grands écosystèmes, il en est un à lui seul. On ajoute à cela la faune qui y trouve refuge et alimentation tout au long de l’année, comme le tarin des aulnes qui se régale des graines durant l’hiver. De plus, ses racines, luttant efficacement contre l’érosion des berges, servent de gite à de nombreux poissons et les loutres y élisent domicile en y aménageant leurs tanières (catiches).

photo de Martin_Mecnarowski

L’aulne et l’homme.

Au Moyen-Age, il était utilisé pour la réalisation des canalisations des fontaines, en créant des tuyaux dans les troncs. Lorsqu’il est immergé, l’aulne se durcit, se noircit et devient imputrescible ; d’ailleurs à Venise, il est dit que certaines bâtisses sont posées sur des pilotis en aulne, soit plusieurs siècles immergés sans perdre ses qualités… ce qui semble étrange à première vue, tant ce bois est léger et tendre à travailler lorsqu’il est sec ou vert.  Placés dans les fossés de drainage, des fagots denses permettent de favoriser l’écoulement des eaux et aident ainsi à l’aération de terres agricoles.

Meubles, sabots, sculptures, ustensiles de cuisine, jouets, manches d’outils, instruments de musique, baguettes d’encadrement, brosses, l’aulne étaient mis à l’honneur dans de nombreux domaines d’autant plus qu’il permettait d’utiliser des zones difficilement cultivables en se recèpant assez facilement. Le bois était également connu sous le nom de bois de « boulange » car les boulangers l’appréciaient pour sa montée en température très rapide et du peu de fumée dégagée. On notera également son utilisation dans les bois de mine du fait de sa résistance à l’humidité et par sa faculté à craquer avant de casser, ce qui permettait de prédire d’éventuel éboulement.

Il était d’usage de cueillir des jeunes branches d’aulne humides, de les placer dans les étables et poulaillers. Les feuilles attirent les puces qui s’engluent sur les feuilles. Il suffit de les bruler pour exterminer les parasites.

Il avait également sa place en teinturerie, où l’écorce et les jeunes rameaux permettaient de colorer les feutres en gris foncé.

Enfin, dans le monde de la phytothérapie, il trouve une place de choix grâce à ses bienfaits cicatrisants et anti-inflammatoires.

photo de Bernd Schade

Un peu d’histoires…. Un peu de folklore… un peu d’imagination.

Comme beaucoup de plantes des marais, l’aulne a eu une réputation démoniaque, corroborée certainement par la couleur rouge sang de son bois fendu. D’ailleurs il fut nommé par les grecs de l’ancien temps, arbre des morts.

Dans la culture celtique, l’aulne est l’arbre sacré des personnes nées entre le 18 mars et 14 avril. Il représente le courage, la solidité, la résistance et la force de caractère.

 

Bibliographies :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Alnus_glutinosa

http://www.la-vie-du-jardin.com/pop-ups/aulne/aulne.html

http://inforets.free.fr/article.php3?id_article=2

http://www.lesarbres.fr/

Faune et flore de Douzillac : la belette

Saviez-vous que la belette est le plus petit carnivore d’Europe ? Mais bien que de taille réduite, elle reste cependant une intarissable chasseuse, qui sans répit s’adonne à la recherche de proies. C’est une hyperactive qui peut être tantôt notre alliée, tantôt notre concurrente. Tentons de la comprendre pour cohabiter en toute sérénité.

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photo de Jerzy Strzelecki

Il s’agit d’un mustélidé, tout comme la martre et la fouine qui peut être facilement confondu dans certaines régions avec sa cousine l’hermine. Elle est essentiellement carnivore avec comme proies de prédilection, les campagnols, souris et mulots (60 à 80%). Son corps longiligne lui permet de se glisser dans les galeries des rongeurs. Elle peut d’ailleurs se faufiler dans des trous de 1.5 cm ce qui laisse peu de chances à ses victimes. Elle complète ce régime par des oiseaux, œufs, lapins, quelques insectes et lézards.

Elle habite dans des milieux très variés : là où il y a des proies, elle s’installe. De ce fait, elle est observable dans les prairies, champs, bois, des plaines jusqu’en montagne. Pour construire ses gites, elle utilise le terrier d’une de ses victimes, une anfractuosité de mur, une souche, etc…. Elle tapisse de poils de proies et de feuilles mortes son nid. C’est là que la belette femelle mettra bas une portée de un à neuf petits en avril-mai si le temps est clément et/ou en juillet-août. Le nombre de petits est en lien avec la population de rongeurs. Seule la femelle s’occupe des jeunes, elle doit gérer la gestation (34 à 37 jours), produire du lait  (30 jours), les nourrir et les former aux rudiments de la chasse (jusqu’à leurs trois mois).  Afin de s’économiser pendant la gestation et l’allaitement, la belette a constitué des réserves cachées à proximité.

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photo de Cecil Sanders

Une fois les petits émancipés, la belette va pouvoir reprendre sa vie solitaire sur un territoire d’1.5 à 1.8 ha, alors que le mâle prospecte sur 7 à 15 ha. La superficie du territoire est variable car plus la population de rongeurs augmente, plus les territoires se réduisent, plus les belettes se multiplient et inversement. Pour délimiter leurs territoires, elles communiquent par des marques odorantes et en cas de danger par des sifflements aigus et de brefs aboiements.

La belette vit maximum 3 ans. La mortalité est de 60 % la première année et 90 % la seconde. En effet, au vue de sa petite taille, ses réserves énergétiques sont très limitées, par conséquent son mode de vie est nocturne et diurne; une disette de plusieurs heures lui serait fatale. La belette doit alors absorber chaque jour l’équivalent d’un tiers de son poids pour survivre. En ayant cette information, on peut assurément dire qu’elle devient un auxiliaire précieux pour la lutte contre les rongeurs dans nos jardins et aux abords des maisons (bien qu’elle soit notée dans la liste des nuisibles parce qu’attaquant parfois les poulaillers).  Mais chaine alimentaire oblige, elle est également victime des rapaces, chats, chiens, renards et l’homme. En effet, en utilisant des raticides, l’homme contribue aux fluctuations de population de la belette, d’une part en diminuant l’approvisionnement en ressources alimentaires et d’autre part, par empoisonnement indirect. La belette est tout comme ses proies très sensibles aux anticoagulants.

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Illustrations de Histoire naturelle des mammifères, t.III / Wermer, Maréchal, Huet. -1820

Un peu d’histoires…. Un peu de folklore… un peu d’imagination.

Belette viendrait de petite belle et dans d’autres pays européens, petite fiancée, belle petite bête, petite marraine ou petite femme. « Belette » s’emploie aussi en français pour désigner affectueusement une jeune fille ou une femme charmante.

Dans le  Tarn, il était dit que si on tuait une belette suitée, toute la nichée viendrait manger le linge jusque dans les armoires de la maison.  Dictionnaire des superstitions, erreurs, préjugés et traditions populaires, 1856

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photo de Frank vassen

Source internet :

http://droitnature.free.fr

http://ecologie.nature.free.fr

Wikipédia

Source bibliographique :

RUETTE S.  Les petits carnivores, élément de biologie, gestion de l’espèce et de ses habitats – Office national de la chasse et de la faune sauvage

Arrêté du 30 juin 2015 pris pour l’application de l’article R. 427-6 du code de l’environnement et fixant la liste, les périodes et les modalités de destruction des espèces d’animaux classées nuisibles

Atlas des mammifères sauvages d’aquitaine – C.nature

 

Faune et flore de Douzillac : la massette

Les eaux dormantes sont pour certains d’entre nous des étendues obscures où seuls les imprudents ou connaisseurs s’y hasardent. Il est vrai que les marais peuvent être des pièges, mais un peu de bon sens, un minimum de connaissances et d’équipements permettent de s’y aventurer. Bien que la vase m’ait avalé quelques paires de bottes, que les moustiques aient bu une bonne partie de mon sang et que je sois revenue en mode commando, hourdée de boue, je n’éprouve aucune rancune envers les marais, marécages et bras morts, au contraire. Douzillac en compte de nombreux qui sont tous de merveilleux réservoirs faunistique et floristique.

Une plante caractéristique y demeure : la massette.

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Les massettes (Typha), roseau à massette, quenouille d’eau ou roseau de passion sont assez  communes en Europe et en France. On en compte plusieurs espèces; vous les avez certainement remarquées lors de vos excursions.

C’est une plante vivace très vigoureuse qui excelle dans l’art de la multiplication, d’une part par ses longs rhizomes ramifiés et d’autre part par la voie aérienne via ses graines légères comme une plume. C’est pourquoi, beaucoup la trouve envahissante. Les tiges robustes et érigées de 1,5 à 3 m de haut possèdent des feuilles larges de 1 à 2 cm. On la confond souvent avec le roseau mais une fois l’inflorescence présente entre juillet et septembre, impossible de ne pas la reconnaître. C’est en sorte sa marque de fabrique. Voici une photo qui vaut mille mots.

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Les graines et les akènes qui les protègent  sont également caractéristiques. Une massette produit la modique somme de 300 000 graines

Monsieur Gèze, en 1912, expliquait que les tiges de massette servaient à réaliser les joints des fûts et à la fabriquer des pièges à poissons.

Les feuilles étaient utilisées pour :

  • réaliser des liens pour les greffes,
  • attacher toutes sortes de paquets,
  • fabriquer des nattes, des paillassons, des corbeilles,
  • entourer les feuilles sèches de tabac,
  • pailler les chaises,
  • servir à la fabrication de textile, compromis entre le chanvre et le jute,
  • fabriquer de la pâte à papier,
  • servir de litière aux animaux.

Les rhizomes quant à eux, ont nourri pendant des siècles les porcs et les humains.

Le duvet (protection des graines ) était utilisé pour remplacer le coton cardé, dans les cas de brûlures suppurantes.

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Aujourd’hui, la massette n’a plus autant d’utilisations au quotidien et n’a plus d’attrait économique comme il y a cent ans. Cependant, on lui confère  d’autres missions en relation directe avec l’air du temps. En effet, elle est plantée dans les aires de lagunage et tout autre système de phyto-épuration. Les amateurs de bassin d’ornement l’installent harmonieusement car elle a la capacité de libérer de l’oxygène dans l’eau.

Dans certains pays, la massette est utilisée pour confectionner la chaume des toits.

Et d’un point de vue alimentaire, quelques-uns la consomment. Voici quelques idées pour les curieux :

Le rhizome se récolte en automne-hiver, lorsqu’il est  riche en amidon. Il est alors mangé cru (mais je le déconseille au vu des foyers possibles de Leptospirose) ou cuisiné comme la pomme de terre. Séché et broyé, la farine sert à épaissir les soupes et les ragoûts ou élaborer des galettes.

Les jeunes pousses sont récoltées en début de printemps et ont un gout proche du cœur de palmier. On les prépare à la vapeur comme des asperges ou frites.

On  récolte le pollen en plaçant la massette dans un sac plastique et en la secouant. Vous serez impressionné par l’abondant rendement. Vous le mélangerez alors dans la farine du pain ou pour saupoudrer vos salades.

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Ressources internet:

Wikipédia.org

Via gallica. com

Plantes-comestibles.fr

Ressources bibliographies:

La nature comestible de Ian Burrows

Grande encyclopédie d’économie domestique, Jules Trousset 1875

Thèse:  études botaniques et agronomiques sur les typha et autres plantes palustres – 1912 – Mr. Gèze