Les bois sont pour ma part un lieu de poésie où l’empreinte humaine se conjugue à la perfection à l’indissociable trio minéral, végétal et animal. Quand mon imagination s’éveille, le paysage, l’ambiance sonore et olfactive, l’atmosphère et l’histoire fusionnent pour donner une identité particulière aux forêts. Si le lierre grimpant n’existait pas, il manquerait c’est certain. Cette touche végétale enchanteresque et séduisante est représentative de nos sous-bois.

Voici pourquoi, je souhaite le valoriser en quelques points:

Illustration_Hedera_helix0_correctUne plante, un écosystème

L’Hedera Helix est une des rares lianes arborescentes ligneuses en France. Rampante et/ou grimpante, elle peut atteindre une longueur impressionnante. En effet, il n’est pas rare de rencontrer des spécimens de 50 m. Et au vu de sa longévité, jusqu’à 400 ans, son tronc peut être spectaculaire.

Il est dit que le lierre est un bourreau des arbres. Il s’avère qu’il n’en est rien et je vais tenter de le démontrer. Tout d’abord, la principale crainte est de voir le lierre étouffer l’arbre associé. Mais si l’on voit un arbre mort  sous le lierre, cela ne signifie pas forcément que le lierre est le coupable. A la différence du chèvrefeuille qui peut causer des boursoufflures, le lierre n’enserre pas les arbres, il court sur le tronc de manière rectiligne, le risque d’étouffement est donc assez faible. De plus, il se cramponne à son support à l’aide de racines transformées en ventouse. En aucun cas, ces poils absorbent la sève de l’arbre. Si c’était le cas, les lierres ne seraient pas aussi virulent une fois installés sur un mur… le lierre ne se nourrit qu’à l’aide de son système racinaire et absorbe donc le surplus d’humidité sur certains sols. De plus, il a une action chimique inhibitrice sur les champignons, bactéries ou parasites pouvant s’attaquer à un arbre.

Il n’existe pas de concurrence non plus avec la plante hôte concernant la pollinisation. En effet, le lierre a un cycle biologique inversé par rapport aux plantes dont il se sert comme support. Que la nature est bien faite, n’est-ce-pas ?. La floraison s’étale en septembre-octobre, et la fructification s’effectue vers la fin de l’hiver, début du printemps. Ce sont parmi les dernières fleurs à offrir du pollen aux abeilles et tout particulièrement l’abeille du lierre, Colletes hederae.

Les baies de Lierre sont donc parmi les premiers fruits à nourrir les oiseaux au début de l’année. Elles sont de toutes importances pour leurs survies car très riches en lipides. Cependant attention, elles sont toxiques pour les mammifères, donc pour nous.

Les feuilles quant à elles, sont également des éléments très importants de cette plante pour l’écosystème environnant. Persistantes, elles ne tombent qu’au cours de la sixième année. Ce qui signifie qu’elles représentent un gite et couvert annuel pour de nombreuses espèces. Une chaine alimentaire complète peut y être observée: mouches, punaises, papillons, cloportes, araignées, fourmis, escargots et guêpes sont mangés par rouge-gorge, grives, qui en profitent également pour y nicher, tout comme les geais et le loriot. La couleuvre entre alors dans la danse, ainsi que la martre, fouine.

Enfin, le lierre est un excellent couvre-sol stabilisant et protégeant de l’érosion.

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Une plante, des utilisations

  1. Le lierre grimpant est connu depuis l’Antiquité comme plante médicinale pour soigner la toux, mais aussi pour dégager les voies respiratoires ou traiter les inflammations des bronches. En usage externe, les feuilles du lierre auraient été communément employées pour soigner les rhumatismes, les névralgies, les sciatiques et les lumbagos par application de leur suc en compresses.
  2. J’utilise depuis quelque temps de la lessive à base de lierre grimpant. Le lierre contient entre 5 et 8 % de saponines, tensioactifs aux propriétés détergentes et moussantes. Ressource inépuisable, recette simple et rapide, efficacité, je ne vois que des avantages et je vous livre la recette : 100 feuilles de lierre grimpant pour 2 litres d’eau. Mettre les plantes dans l’eau froide (décoction), porter à ébullition à couvert pendant 15 minutes. Laisser reposer toute une nuit. Presser, filtrer au chinois et mettre en bouteille. Avec deux litres de cette lessive, vous faites une douzaine de machine à 40°C minimum.
  3. Grâce à cette saponine, il est également possible de réaliser des produits d’entretien ménager et soins du corps.
  4. Les baies de lierre étaient utilisées pour teindre la laine en violet. En les préparant avec de la cendre, on obtenait du vert.

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Un peu d’histoires…. Un peu de folklore… un peu d’imagination.

Dieu des poètes, de la fête, de la vigne donc de l’ivresse, Bacchus utilise un diadème de lierre pour soulager ses douleurs de tête lorsqu’il a trop bu ainsi que le jus des baies et de la plante pour prévenir l’ivresse.

D’après une autre légende, Lyerre, jeune danseur du dieu Bacchus, dansa si longtemps qu’il s’écroula par terre. Pour lui rendre grâce, le dieu l’enlaça d’une liane de lierre qui le souleva et le remit en forme.

Le lierre représente l’amour éternel, dont la devise est : « Je meurs ou je m’attache ». D’ailleurs, la feuille de lierre était autrefois utilisée dans les pratiques magiques de divination amoureuse, autrement dit des philtres d’amour.

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Sources :

Internet :

Wikipédia –botanique.org  – doctissimo – reconstitution romaine – mieux se connaître – conservatoire du freinet

Bibliographiques :

Guide des teintures naturelles, Delachaux-Niestlé – Encyclopédie des plantes médicinales, Larousse – Secrets et vertus des plantes médicinales sélection du Reader’s Digest

 

 

 

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