Vergt et Manzac-sur-Vern puiseraient leurs origines dans les racines du vieil occitan Vèrhne (vern), signifiant aulne. Vergne, verne, ou aune est un arbre reconnaissable en cette période assez facilement. Avec ces quelques astuces, vous pourrez le reconnaître quasiment à coup sur.  

Tout d’abord, ne le cherchez pas sur des sols secs: l’aulne est une espèce des cours d’eau ou de sol marécageux. En second lieu, c’est une espèce de pleine lumière, pionnière qui apprécie peu la présence d’autres espèces quitte à laisser sa place.

En hiver, ses fruits secs (strobiles) caractéristiques permettent de le différencier des autres arbres assez rapidement. Une image vaut mille mots :

 

photo de Dixi

Son port est assez élancé avec un tronc souvent droit maintenant des branches presque horizontales. Il peut attendre 30 mètres de haut. Les jeunes branches portent des bourgeons de teinte violette.

En mars-avril, la floraison débute bien avant la sortie des feuilles. Vient ensuite le temps de la végétation luxuriante, des feuilles ovales et dentées s’épanouissent. Elles aussi se distinguent facilement grâce à leurs formes rabotées au sommet, puis par leurs textures gluantes (d’où aulne glutineux). Elles sont vertes foncées et luisantes au-dessus, mates et plus claires en dessous.

photo de Dimitar Naydenov

L’aulne, un ménage à trois…

Cent ans les pieds immergés dans l’eau, cela relève de l’exploit. Dans la cohorte des arbres peu en sont capables. Son secret ? Un réseau associatif bien développé… il vit en symbiose avec des champignons (mycorhization) et bactéries (actinorhization). Les champignons s’installent autour de ses racines, elles ont un rôle d’éponge et apportent l’eau nécessaire à la plante tout au long de l’année, cette eau est chargée en minéraux et en vitamines. De plus, le champignon le protège de maladies. L’aulne, en contrepartie lui apporte les éléments puisés en profondeur nécessaires à son développement.

Les bactéries se sont installées au niveau des racines, protégées dans des nodosités. Elles y fixent l’azote de l’air (faisant souvent défaut en milieu très humide), l’aulne a donc une réserve d’énergie nécessaire à sa croissance.

 

Nodosités – photo de Luis Fernandez Garcia

L’aulne n’a rien à envier aux grands écosystèmes, il en est un à lui seul. On ajoute à cela la faune qui y trouve refuge et alimentation tout au long de l’année, comme le tarin des aulnes qui se régale des graines durant l’hiver. De plus, ses racines, luttant efficacement contre l’érosion des berges, servent de gite à de nombreux poissons et les loutres y élisent domicile en y aménageant leurs tanières (catiches).

photo de Martin_Mecnarowski

L’aulne et l’homme.

Au Moyen-Age, il était utilisé pour la réalisation des canalisations des fontaines, en créant des tuyaux dans les troncs. Lorsqu’il est immergé, l’aulne se durcit, se noircit et devient imputrescible ; d’ailleurs à Venise, il est dit que certaines bâtisses sont posées sur des pilotis en aulne, soit plusieurs siècles immergés sans perdre ses qualités… ce qui semble étrange à première vue, tant ce bois est léger et tendre à travailler lorsqu’il est sec ou vert.  Placés dans les fossés de drainage, des fagots denses permettent de favoriser l’écoulement des eaux et aident ainsi à l’aération de terres agricoles.

Meubles, sabots, sculptures, ustensiles de cuisine, jouets, manches d’outils, instruments de musique, baguettes d’encadrement, brosses, l’aulne étaient mis à l’honneur dans de nombreux domaines d’autant plus qu’il permettait d’utiliser des zones difficilement cultivables en se recèpant assez facilement. Le bois était également connu sous le nom de bois de « boulange » car les boulangers l’appréciaient pour sa montée en température très rapide et du peu de fumée dégagée. On notera également son utilisation dans les bois de mine du fait de sa résistance à l’humidité et par sa faculté à craquer avant de casser, ce qui permettait de prédire d’éventuel éboulement.

Il était d’usage de cueillir des jeunes branches d’aulne humides, de les placer dans les étables et poulaillers. Les feuilles attirent les puces qui s’engluent sur les feuilles. Il suffit de les bruler pour exterminer les parasites.

Il avait également sa place en teinturerie, où l’écorce et les jeunes rameaux permettaient de colorer les feutres en gris foncé.

Enfin, dans le monde de la phytothérapie, il trouve une place de choix grâce à ses bienfaits cicatrisants et anti-inflammatoires.

photo de Bernd Schade

Un peu d’histoires…. Un peu de folklore… un peu d’imagination.

Comme beaucoup de plantes des marais, l’aulne a eu une réputation démoniaque, corroborée certainement par la couleur rouge sang de son bois fendu. D’ailleurs il fut nommé par les grecs de l’ancien temps, arbre des morts.

Dans la culture celtique, l’aulne est l’arbre sacré des personnes nées entre le 18 mars et 14 avril. Il représente le courage, la solidité, la résistance et la force de caractère.

 

Bibliographies :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Alnus_glutinosa

http://www.la-vie-du-jardin.com/pop-ups/aulne/aulne.html

http://inforets.free.fr/article.php3?id_article=2

http://www.lesarbres.fr/

There are no comments yet.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked (*).