Faune et Flore de Douzillac: les araignées crabes

De la simple surprise aux frissons, palpitations ou envie subite de crier, la présence d’une araignée dans les parages génère rarement de la sympathie. Outre sa capacité à générer de l’anxiété pour une grande partie de la population, l’araignée est étonnante sur bien des aspects, notamment les petites araignées-crabes.

Vous les avez certainement observés un jour à l’affût sur les plantes, fréquemment sur les fleurs, en tenue mimétique. Chaque espèce a ses couleurs de prédilection aussi bien pour chasser que pour se mettre en sûreté. Elles ont été baptisées « araignée-crabe » tout d’abord parce qu’elles peuvent se déplacer latéralement, puis parce qu’elle adopte une position de chasse comparable au crabe. Imaginez qu’elle se rétracte sur ses deux paires de pattes arrières, tandis que les deux premières paires plus longues sont érigées dans les airs. Ainsi, elle peut se catapulter et capturer sa proie avec beaucoup de dextérité.

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Comme ce ne sont pas des spécialistes de la toile, certaines d’entre elles se sont spécialisées et ont acquis la capacité de changer de couleur en fonction de la fleur qu’elles occupent. Auriez-vous imaginé avoir de minuscules caméléons à 8 pattes dans votre jardin… ? La femelle adulte chez la misumène variable (Misumena Vatia) peut donc changer de couleur en quelques heures passant du blanc au jaune pour mieux se camoufler. Elle restera alors immobile et attendra patiemment qu ‘un insecte pollinisateur comestible passe à sa portée. Une acrobatie, une petite morsure, une injection de venin et le repas pourra être siroté tranquillement à l’abri des regards indiscrets. Sa morsure toutefois très rare n’est pas nocive pour l’homme.

de Andreas Eichler

Comme tout élément de la chaîne alimentaire, les araignées crabes servent également de collation. On pourra recenser comme prédateurs, les oiseaux, batraciens et petits mammifères, mais également les araignées elle-même. D’autre part, certaines guêpes solitaires ne nourrissent leurs larves qu’avec des araignées ; les araignées crabes ne tissant pas de toiles, elles sont une proie de choix pour les guêpes maçonnes.

Un peu d’histoire…. Un peu de folklore… un peu d’imagination…

L’araignée est imprégnée de symbolisme depuis des millénaires, et cela dans le monde entier. Tout d’abord, le rôle de la prédatrice lui est souvent attribué dans les films d’épouvante, les festivités d’Halloween et autres décors glauques. Cependant dans d’autres cultures, c’est un animal totem qui représente l’animal tisserand dont la toile rappelle que l’homme tisse son propre chemin et chaque intersection de la toile représente une connexion avec les personnes qui l’entourent.

La symbolique de l’âme : Chez les Muisca de Colombie, c’est un bateau en toile d’araignée qui transporte les âmes des morts aux enfers. Chez les Aztèques, elle représente le dieu des enfers. Quant au Sud du Vietnam, une araignée est une ame qui s’est échappée d’un corps pendant le sommeil ; comprenez que de tuer une araignée risque de tuer le malheureux corps endormi.

Symbolique de la création : Aux Iles Gilbert, l’araignée est considéré comme le premier être, donc comme un dieu créateur. En Afrique de l’Ouest, c’est l’araignée qui a offert les matériaux pour créer les premiers hommes et pour les amérindiens Hopi d’Amérique du Nord, l’araignée est considérée comme le créateur du monde, en effet ce serait une femme-araignée qui aurait tissé l’immense carte du monde.

En Grèce, la légende dit qu’Arachné avait la réputation d’être une fileuse d’exception. Athéna curieuse se déguisa pour observer son travail. Arachné se vantant d’être la meilleure tisseuse du monde, Athéna indignée organisa un concours. Les deux terminant ex-aequo, la déesse furieuse de jalousie frappe la mortelle qui humiliée se suicide par pendaison. Athéna décida de transformer Arachné en araignée afin qu’elle puisse broder une toile pour toujours.

 

Araignée crabe de Ameisenfarm

Sources:

https://www.bestioles.ca/invertebres/araignee-crabe.html

http://biologie.ens-lyon.fr/ressources/Biodiversite/Documents/image-de-la-semaine/images-de-2012/biodiversite-semaine-38-17-09-2012

https://fr.wikipedia.org/wiki/Thomisidae

https://fr.wikipedia.org/wiki/Arachn%C3%A9

http://triskele.eklablog.com/l-araignee-a102839953

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Faune et Flore de Douzillac : Le sureau noir

Le sureau noir (Sambucus nigra) ou grand sureau est l’un des arbustes connus des cueilleurs-gourmands. Comment le reconnaître pour concocter de savoureux pots de confitures, des beignets ou autres douceurs ?

Il peut  atteindre 6 m de haut et autant d’envergure. On le rencontre dans toute l’Europe dans les haies, les fossés, les lisières de forêts mais également les terres agricoles abandonnées et les décombres. La plupart du temps, il se plait dans un sol frais. En cette période, on l’identifie facilement grâce à ces fruits, excepté si les oiseaux se sont déjà servis (ce qui est probablement le cas).

Les plus pressés les goûteront sans attendre au pied de l’arbuste. Cependant, savamment accompagnées de sucre et d’épices, ces petites baies rouges, puis noires (signe qu’il est temps de remplir les paniers) se transformeront en gelée ou sirop révélant leurs goûts acidulés et sucrés. Pour les plus grands, le vin de sureau se prépare avec les fleurs que l’on récolte en juin. Bien que cet apéritif se consomme avec modération, il est compréhensible que l’on souhaite en préparer quelques bouteilles d’avance,  songer alors à laisser des ombelles sur l’arbuste afin qu’il puisse fructifier et assurer son rôle d’hôte des campagnes.

En effet, en laissant quelques fleurs sur l’arbre, vous permettez à de nombreux insectes de se nourrir. Le sureau héberge une faune importante dont des papillons, des abeilles sauvages, des guêpes et carabes qui nourriront à leurs tours les oiseaux. Ces derniers installent d’ailleurs très volontiers leurs nids sous l’épais couvert du feuillage.

Si vous êtes jardiniers, le sureau saura vous rendre service. Tout d’abord par les auxiliaires de culture qu’il héberge et d’autre part par ses propriétés insectifuges et antifongiques. En effet, vous pouvez pulvériser une décoction de 100 g de feuilles pour 1 litre d’eau sur vos plantes attaquées par les pucerons, altises et noctuelles. Cette préparation est à renouveler tous les trois jours. L’infusion (même dosage à infuser 12 heures) quant à elle serait efficace en traitement curatif contre les champignons (rouille, mildiou, oïdium…). Enfin, le purin de sureau éloignerait les rongeurs et les taupes.

Il est noté dans les vieux livres de déposer des feuilles de sureau sur les tas de grains pour prévenir les invasions de « charançons des grains ». pourquoi ne pas tenter d’en mettre dans les lieux de stockage des farines…

 

Si vous avez un doute concernant son identification, mieux vaut tout de même demander à un connaisseur. En effet, en France, il existe une plante toxique qui lui ressemble beaucoup : Sambucus Ebulus, le sureau  yèble ou faux-sureau. Pour vous éviter des troubles digestifs escortés de nausées plus ou moins virulentes, voici les caractéristiques qui vous permettront de faire la différence. Tout d’abord, le sureau yèble reste petit, compté deux mètres maximum car chaque hiver, il  disparaît. Par conséquent, le sureau yèble n’a pas d’écorce. Ensuite, pendant la période de la fructification, les grappes de fruits du faux-sureau sont dressées vers le ciel contrairement au sureau noir, dont les fruits tombent vers le sol.

Un peu d’histoire… un peu de folklore… un peu d’imagination.

Malgré son odeur caractéristique et pour le moins désagréable, le sureau noir accompagne nos ancêtres depuis des temps immémoriaux.  Des traces de son utilisation sur plusieurs sites préhistoriques ont été d‘ailleurs découverts.  C’est certainement pour cela qu’on lui a attribué des pouvoirs mystiques. Dans certains pays, on pense qu’il protège la maison et le jardin de la présence des esprits malins. Il parait qu’il ne serait jamais atteint par l’orage et que s’il se sème naturellement chez vous, la chance vous sourira…

Si vous être mélomane et habile, le sureau sera votre compagnon. En enlevant la moelle d’une branche, vous pourrez fabriquer une flûte qui vous suivra pendant vos ballades; peut-être l’occasion de rencontrer un faune périgourdin…

Sources:

Wikipédia

Guide des fruits sauvages  – fruits charnus – Gerard Gilllot et Jean-Emmanuel Roché

Lamontagne Michel – le nouvel agenda du jardinage

Larousse des plantes médicinales

Guide pratique du jardinier français ou manuel d’horticulture de Desmoulins Philippe

Faune et flore de Douzillac : la massette

Les eaux dormantes sont pour certains d’entre nous des étendues obscures où seuls les imprudents ou connaisseurs s’y hasardent. Il est vrai que les marais peuvent être des pièges, mais un peu de bon sens, un minimum de connaissances et d’équipements permettent de s’y aventurer. Bien que la vase m’ait avalé quelques paires de bottes, que les moustiques aient bu une bonne partie de mon sang et que je sois revenue en mode commando, hourdée de boue, je n’éprouve aucune rancune envers les marais, marécages et bras morts, au contraire. Douzillac en compte de nombreux qui sont tous de merveilleux réservoirs faunistique et floristique.

Une plante caractéristique y demeure : la massette.

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Les massettes (Typha), roseau à massette, quenouille d’eau ou roseau de passion sont assez  communes en Europe et en France. On en compte plusieurs espèces; vous les avez certainement remarquées lors de vos excursions.

C’est une plante vivace très vigoureuse qui excelle dans l’art de la multiplication, d’une part par ses longs rhizomes ramifiés et d’autre part par la voie aérienne via ses graines légères comme une plume. C’est pourquoi, beaucoup la trouve envahissante. Les tiges robustes et érigées de 1,5 à 3 m de haut possèdent des feuilles larges de 1 à 2 cm. On la confond souvent avec le roseau mais une fois l’inflorescence présente entre juillet et septembre, impossible de ne pas la reconnaître. C’est en sorte sa marque de fabrique. Voici une photo qui vaut mille mots.

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Les graines et les akènes qui les protègent  sont également caractéristiques. Une massette produit la modique somme de 300 000 graines

Monsieur Gèze, en 1912, expliquait que les tiges de massette servaient à réaliser les joints des fûts et à la fabriquer des pièges à poissons.

Les feuilles étaient utilisées pour :

  • réaliser des liens pour les greffes,
  • attacher toutes sortes de paquets,
  • fabriquer des nattes, des paillassons, des corbeilles,
  • entourer les feuilles sèches de tabac,
  • pailler les chaises,
  • servir à la fabrication de textile, compromis entre le chanvre et le jute,
  • fabriquer de la pâte à papier,
  • servir de litière aux animaux.

Les rhizomes quant à eux, ont nourri pendant des siècles les porcs et les humains.

Le duvet (protection des graines ) était utilisé pour remplacer le coton cardé, dans les cas de brûlures suppurantes.

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Aujourd’hui, la massette n’a plus autant d’utilisations au quotidien et n’a plus d’attrait économique comme il y a cent ans. Cependant, on lui confère  d’autres missions en relation directe avec l’air du temps. En effet, elle est plantée dans les aires de lagunage et tout autre système de phyto-épuration. Les amateurs de bassin d’ornement l’installent harmonieusement car elle a la capacité de libérer de l’oxygène dans l’eau.

Dans certains pays, la massette est utilisée pour confectionner la chaume des toits.

Et d’un point de vue alimentaire, quelques-uns la consomment. Voici quelques idées pour les curieux :

Le rhizome se récolte en automne-hiver, lorsqu’il est  riche en amidon. Il est alors mangé cru (mais je le déconseille au vu des foyers possibles de Leptospirose) ou cuisiné comme la pomme de terre. Séché et broyé, la farine sert à épaissir les soupes et les ragoûts ou élaborer des galettes.

Les jeunes pousses sont récoltées en début de printemps et ont un gout proche du cœur de palmier. On les prépare à la vapeur comme des asperges ou frites.

On  récolte le pollen en plaçant la massette dans un sac plastique et en la secouant. Vous serez impressionné par l’abondant rendement. Vous le mélangerez alors dans la farine du pain ou pour saupoudrer vos salades.

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Ressources internet:

Wikipédia.org

Via gallica. com

Plantes-comestibles.fr

Ressources bibliographies:

La nature comestible de Ian Burrows

Grande encyclopédie d’économie domestique, Jules Trousset 1875

Thèse:  études botaniques et agronomiques sur les typha et autres plantes palustres – 1912 – Mr. Gèze