ver de terre par Fir0002 / Flagstaffotos

Quels animaux n’ont ni yeux, ni oreilles, ni pattes et pas de poumons ? Les vers de terre…

Pour certains dégoûtants, pour d’autres insignifiants, ils sont pourtant des animaux clés pour tous les écosystèmes. La famille des Lumbricina représente la biomasse la plus importante de notre planète. Cela signifie que si l’on devait peser la totalité des vers de terre de la planète, ils seraient plus lourds que tous les animaux réunis de la Terre (humains compris). Les variations sont énormes, selon le milieu, on considère que sur 1 m² d’épicéa habite en moyenne 10 individus, alors que dans un pré non labouré et sans apport de pesticide jusqu’à 500 vers de terre au m², soit environ 1.1 tonne par hectare.

La quantité de terre digérée par les vers est phénoménale, tout de même entre 40 et 600 tonnes de turricules par an et par hectare. Pas étonnant que les permaculteurs ou jardiniers consciencieux de la vie fassent en sorte de les préserver. Mais cet engouement pour ces petits travailleurs discrets ne date pas d’hier : Aristote les appelait les « intestins de la terre » et Cléopâtre leurs offrit le titre d' »animal sacré »,  demandant aux paysans de ne pas les déranger pendant leurs labeurs, de ne pas les sortir de terre au risque de manquer de respect au dieu de la fertilité.

File:Turricule de ver de terre.jpg

Turricule de ver de terre

En effet, les vers de terre sont d’excellents indicateurs de la qualité du sol, 

  • jouant un rôle majeur dans la dégradation de la matière organique en décomposition,
  • en transformant cette matière organique en minéraux directement assimilable par les plantes,
  • en l’aérant,
  • en permettant l’infiltration de l’eau,
  • en contribuant au bon développement des racines,
  • en mélangeant la structure du sol,
  • en transférant et stockant le carbone.

Galeries d'endogés par Alainalele

En France, on compte environ 150 espèces de vers ayant chacune des caractéristiques morphologiques, comportementales et fonctionnelles différentes. On peut les distinguer en trois catégories :

  • Les Epigés affectionnent la litière en décomposition à la surface du sol, ne creusent pas ou rarement. Ils mesurent 10 cm maxi, sont souvent rouges foncés à brun pour se protéger du soleil. Sa raison de vivre : le mode 3D : Digérer, Décomposer, Déstructurer. Ils sont utilisés pour la fabrication de lombricomposteur.
  • Les Endogés sont reconnaissables par leurs dépigmentations. Vivant constamment dans le sol, ils sont roses. Ils s’alimentent en ingérant la matière organique du sol et rebouchent leurs galeries au fur et à mesure de leurs avancées avec leurs déjections. On les trouve à différentes profondeurs mais ils préfèrent les lieux où la matière organique est plus riche, près des racines, par exemple.
  • Les Anéciques (généralement de grandes tailles) chérissent la vie en galeries verticales. Ils vont chercher la matière organique en surface, l’emmènent en profondeur jusqu’à trois mètres, attendent que les micro-organismes la décomposent pour ensuite la manger avec de la terre. Leurs déjections sont visibles à la surface du sol (turricule) ou tapissent les murs de leurs galeries. Seuls leur tête est pigmentée (rouge à noire). Ce sont des laboureurs.

Ver de terre – Epigés

Quel que soit leurs genres, les vers de terre ont la capacité d’ingurgiter 20 à 30 fois son volume de terre par jour. Il est donc dans l’intérêt de tout producteur de végétaux de les élever pour se faciliter la vie. L’agriculture de conservation associant le non-labour, la couverture du sol et la diversification des rotations de culture permet d’obtenir une vie souterraine riche, soit un sol sain et fertile.

Excepté l’impact des activités de l’homme, les vers de terre ont des prédateurs comme tout le monde ; il faut bien se nourrir. On citera la taupe, le hérisson, la musaraigne, le renard roux, le blaireau, le crapaud, la grenouille, la salamandre, la couleuvre, le carabe rutilant et de nombreux oiseaux.

Bécasse des bois mangeant un ver de terre par Ronald Slabke

Tous les prédateurs ci-dessus sont des prédateurs naturels et endémiques. Les vers de terre ont développés des stratégies pour se protéger. Cependant, depuis 2014, une nouvelle espèce de ver plat, le Platydemus manokwari a été recensé en France. Arrivant directement de la Nouvelle-Guinée, il est très vorace d’escargots et limaces. Une fois qu’il a ravagé le secteur, il s’attaque volontiers aux lombrics. Un cas d’envahissement du nord des îles britanniques par Arthurdendyus triangulatus, venu de Nouvelle-Zélande a causé d’après des chercheurs « d’importantes diminutions des populations de vers de terre », et donc une baisse de la fertilité des sols. 

Le plat invasif de la Nouvelle-Guinée Platydemus manokwari en France – P. Gros-Justine, J.-L., Winsor, L., Gey, D., Thévenot, J. 2014

En espérant que ces quelques informations leurs seront aussi utiles qu’à vous.

A bientôt. 

Sources :

ONF

Wikipedia

Ver de terre.fr

http://www.supagro.fr/ress-pepites/processusecologiques/co/b_VDTBiologie.html

Ver de terre ou lombric au service de la fertilité : le monde

http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr

http://observatoire-agricole-biodiversite.fr/participer/les-protocoles/placettes-vers-de-terre

http://isyeb.mnhn.fr/IMG/pdf/justine_et_al_-_les_7_plathelminthes_-_phytoma2014.pdf

https://agriculture-de-conservation.com/Vers-de-terre-Le-saviez-vous.html

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