Il y a quelques semaines, en prenant le temps de regarder la ramure des arbres se parer de vert tendre, je vois une corneille passer au-dessus de ma tête. Je me suis vite ravisée, c’était en fait un pic noir. C’est la première fois que je le vois, depuis le temps que je l’entends tambouriner, je n’attendais que çà. Comme c’est une espèce installée récemment sur le département, c’est l’occasion de creuser un peu et de partager….

En France, on compte 9 espèces de pics (en gras, les espèces présentes en Dordogne) :

  • Le torcol fourmilier Jynx torquilla,
  • le Pic cendré Picus canus,
  • le Pic Vert Picus viridis,
  • le Pic noir Dryocopus martius,
  • le Pic épeiche Dendrocopos major,
  • le Pic mar Dendrocopos medius,
  • le Pic à dos blanc Dendrocopos leucotos,
  • le Pic épeichette Dendrocopos minor,
  • le Pic tridactyle Picoides tridactylus.

Parmi cette liste, le pic noir est le plus grand, environ 55 cm de long pour 65 cm d’envergure. Son plumage est entièrement noir excepté une calotte rouge vif  partant du front jusqu’à la nuque (seulement sur la nuque pour la femelle). Le contraste de son plumage avec son œil jaune pâle lui apporte un esthétisme sans pareil.

 

pic noir – photo prise par Nouhouhouk

 

Le pic, comme tous les pics, est lié au milieu forestier. Chaque espèce a des besoins différents, mais le pic noir a une nette préférence pour les grandes superficies boisées (200 à 500 ha) d’arbres âgés, de gros diamètres avec du bois mort en abondance comme des souches, des grosses branches et des troncs pour y chasser les coléoptères types scolyte, capricornes ou longicornes. Il  recherche alors les galeries d’insectes xylophages (qui mangent le bois). Cependant, le pic noir est extrêmement friand des fourmis qui composent une partie conséquente de son menu. Il varie son régime alimentaire insectivore par des petits escargots, mille-pattes, araignées ainsi que des baies et  graines de pin, voir d’œufs d’oiseaux.

Sa morphologie est très bien adaptée  à son régime alimentaire. En effet, ses pattes sont courtes et  pourvues de 4 ongles robustes et crochus, deux orientés vers l’avant, deux vers l’arrière, ce qui lui permet de grimper aux arbres sans difficulté. Sa queue dont les plumes sont rigides lui permet de prendre appui sur le tronc ou les branches. Une fois les proies repérées dans le bois ou sous l’écorce, il creuse avec son bec et projette sa très longue et fine langue visqueuse dont l’extrémité petite, plate et pointue, est ornée de petits crochets.

Pic noir male adulte – photo de xulescu-g

Normalement, le pic adulte est sédentaire ; en hiver, il s’installe dans un ancien nid où il reste assez discret. En dehors de la période de reproduction, c’est un animal assez solitaire. Par contre à partir de janvier-février, il commence à tambouriner sur des branches creuses que l’on peut parfois entendre jusqu’à 1 km. La parade prénuptiale peut durer deux mois ; deux mois à se poursuivre, à prendre des attitudes typiques comme balancer la tête en décrivant des cercles et à crier pour délimiter les limites de territoires.

L’arbre choisi par le couple doit avoir une circonférence  pouvant accueillir une cavité de 25 à 50 cm de profondeur et de 21 à 22 cm de diamètre dont le fond est tapi de poussières de bois et de copeaux. Ce tronc doit être dépourvu de branche sur les premiers mètres pour faciliter le nourrissage. Ils privilégient les hêtres mais peuvent également s’accommoder de chênes, peupliers, ou merisier.  La création du nid se fait à deux et peut durer 1 mois. En avril-mai, la femelle pond 2 à 5 œufs qui seront couvés par les deux sexes pendant 12 jours. Les oisillons seront nourris de 12 à 29 fois par jour avec principalement des grosses larves et des fourmis. Au bout d’un mois la portée quitte le nid et le couple se sépare en prenant en charge la moitié de la portée chacun. Fin juillet-début aout, les petits sont indépendants.

Pic noir male et les jeunes au nid -photo de Alastair Rae 

Le talent de foreur du pic noir est apprécié par d’autres locataires cavernicoles (chouette, martre des pins, mésanges, sitelle, guêpes, frelons, chauve-souris…) qui cherchent à accaparer ce logement de choix, quitte à parfois y chasser le propriétaire.

Concernant ses prédateurs, la martre des pins, le chat et tout autre carnivore bon grimpeur lui fait la chasse. Mais pas seulement, fut une époque où l’homme considérait que les pics étaient néfastes. C’est évident que si le propriétaire de la parcelle est sylviculteur, il risque de ne pas l’apprécier, car le pic noir niche sur la partie du tronc la plus rentable, économiquement parlant. Cependant, en tenant en considération que le pic est assez fidèle à son nid et que la densité de population est faible (de 150 à 600 ha et plus/couple), le pic n’est pas le plus grand ravageur de nos forêts. Aujourd’hui, de plus en plus de gestionnaires forestiers sont sensibilisés à l’intérêt de laisser sur pied les arbres morts pour leurs rôles indéniable dans l’écologie forestière. 

D’un point de vue juridique, toutes les espèces de pics sont protégées sur le territoire français.

Pour finir, voici quelques images de Fred P. qui vous permettra d’observer son déplacement sur le tronc, d’entendre son chant caractéristique et qui sait… peut-être de l’apercevoir et partager à votre tour l’observation sur :

http://umap.openstreetmap.fr/fr/map/nature-faune-et-flore-de-douzillac_55646#12/45.0986/0.4087

Bibliographies :

http://files.biolovision.net/www.atlas-ornitho.fr/pdffiles/Dossierpics1-1261.pdf

http://www.oiseaux.net/oiseaux/pic.noir.html

http://morbihan.lpo.fr/les-oiseaux/article/le-pic-noir

https://inpn.mnhn.fr/docs/cahab/fiches/Pic-noir.pdf

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pic_noir

Comments (2)

  • Caux Nadine

    Nous aussi à Douzillac le huppe fasciée (pic huppé)

  • Virginie

    La huppe fasciée, Quel bel oiseau !!! Je ne la connaissais pas sous le nom de pic huppé. C’est certainement dû u à sa morphologie. Si vous le souhaitez, pourquoi pas un article à venir ??

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