Une fois de plus, voici la preuve en images : la nature est généreuse et il n’est pas nécessaire de prendre l’avion  vers des contrées lointaines pour en observer la beauté. Il est vrai que les orchidées de nos contrées sont bien moins exubérantes  que leurs cousines tropicales. Elles sont souvent plus modestes, mais leurs charmes se révèlent tout aussi étonnants. Prenons comme exemple l’orchidée abeille, Ophrys apifera.

 

Alors que dans les régions tropicales, les orchidées sont souvent épiphytes (se dit d’un organisme utilisant un végétal comme support vivant), sous nos latitudes, les orchidées sont pour la majorité terrestres; elles présentent donc une partie souterraine comme un rhyzome ou un bulbe. L’orchidée Abeille apprécie les sols calcaires en plein soleil ou mi-ombre. On la trouve partout en France dans les prés ras, les bois clairs, les coteaux, au bord des routes jusqu’à 1500 m d’altitude.

 

Ophrys apifera après l’orage de ce week-end – Virginie Varlet

L’ophrys abeille est une fleur séductrice qui est bien décidée à mettre tout en oeuvre pour se reproduire. Entre avril et juillet, selon les régions, vous remarquerez son spectaculaire labelle qui a comme objectif d’attirer un insecte pollinisateur vers le cœur de la fleur à la manière d’une piste d’atterrissage.

Ophrys apifera – Virginie Varlet

L’ophrys abeille a évolué de telle sorte que son labelle imite l’abdomen de femelle d’abeille solitaire. Cette escroquerie permet à la fleur d’être pollinisée sans offrir de nectar en retour. Comme elle ne fait pas les choses à moitié, elle sécrète également une odeur imitant une fois de plus l’abeille femelle. Le mâle leurré transporte le pollen lors de fausses copulations entre les différentes fleurs.

Si la plante considère qu’elle ne sera pas fécondée à temps, elle utilise une seconde technique: l’autofécondation. Elle libère alors ses pollinies (petit sac adhésif contenant le pollen cf. flèche sur photo suivante) qui se collera au stigmate de la même fleur au lieu de se coller sur le dos ou la tête de l’insecte pollinisateur. 

Ophrys apifera dont les pollinies descendent pour autofécondation avec un syrphe en approche – Virginie Varlet

Une fois la fécondation réalisée, les ovaires vont se transformer en fruits contenant quelques centaines de graines minuscules. Elles seront ensuite emportées par le vent. Seules quelques-unes d’entre elles réussiront à germer. En effet, il faudra qu’elles rencontrent à leur tour un champignon microscopique et qu’une symbiose parfaite se dessine entre eux pour qu »une nouvelle orchidée voit le jour et s’épanouisse. 

Ophrys apifera -hans hillewaert

Les stratagèmes utilisés par les orchidées pour survivre sont pour moi la preuve que les plantes peuvent être tout aussi complexes que les animaux. Elles ont réussi à développer une silhouette attirante capable de supporter le poids de l’insecte, des couleurs  séduisantes, des odeurs alléchantes, des pétales qui ressemblent à des antennes. Dans le cas où l’insecte pollinisateur ne serait pas à la hauteur de ses espérances, une solution pour se féconder toute seule. Les orchidées sont  pour moi une des championnes végétales de l’évolution.

On en compte dans le monde plus de 30000 espèces. En France, on recense entre 150 et 160 espèces et sous-espèces, dont 44 espèces dénombrées en Dordogne par le Conseil Général.

 

Ophrys_apifera- Alun Williams333

Ressources:

Wikipédia

Nicolas Helitas/la famille des orchidées

Schéma directeur des espaces naturels sensibles de la Dordogne 2009 – 2015

Natagora

Société de Photographie d’Histoire Naturelle

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