Chaque mois, vous retrouverez désormais une chronique de Virginie Varlet sur la faune et la flore de Douzillac. L’occasion de mieux connaître les espèces emblématiques de notre territoire, et vivre en bonne intelligence avec elles.

 

Douzillac est assurément un havre de paix pour tous les randonneurs et les amoureux de la nature. L’eau, la forêt, les prairies, les champs et les jardins sont un régal pour les sens… cette diversité de milieux de vie fait la richesse naturelle de Douzillac car elle offre gite et couvert à de nombreuses espèces de plantes, d’animaux et de champignons.

C’est en nous promenant à la fontaine de Vidalie que nous avons rencontré un animal qui semble être cher à ce pays, la salamandre. Si vous avez déjà eu l’honneur de la croiser, vous ne pouvez pas l’avoir oublié. C’est elle :

fire-salamander-54533_1280 fire-salamander-54534_1280

 

 

 

Mais qui est donc cet étrange animal? Son petit nom commun est la salamandre tachetée. Son nom scientifique n’est pas bien compliqué à retenir, il s’agit de salamandra salamandra.

C’est une espèce d’urodèles de la famille des amphibiens et qui dit amphibiens dit humidité. Vous la rencontrerez dans les bois de feuillus ou forêt mixte à partir du moment où il y a à proximité un point d’eau. Car c’est au printemps que la femelle rejoint les eaux d’une source, mare, ruisseau, ornière et fossé pour mettre bas. Contrairement aux autres amphibiens, la salamandre s’accouple sur la terre ferme et ne pond pas d’œuf mais met bas directement entre 30 et 40 larves de 2 à 3cm dans l’eau, elle est donc ovovivipare. Ces larves rejoindront la terre vers trois mois et pourront se reproduire à leurs tours au bout de 4 ans.

i87daaf04a019188821cde75050fd3e72 Salamandre_tachetee_larve

 

Pour la rencontrer, il faut soit flâner au clair de lune sous une nuit douce, humide et sans vent, soit s’être fait surprendre par une pluie d’orage en été. Sa période d’activité débute en février et s’achève en novembre. Dès les premières gelées, la salamandre hivernera mais se réveillera au moindre redoux. Si vous avez l’occasion de l’observer, vous constaterez qu’elle prospecte avec lenteur son territoire à la recherche de petits invertébrés, tels que des cloportes, des petits coléoptères, des limaces et vers de terre. Elle retournera ensuite sous une souche, une pierre, un tronc d’arbre pourri ou toute autre cavité dans le sol lui permettant de fuir son ennemi juré, le soleil.

Récit historique 

On retrouve dans des textes du Moyen-âge des traces de la salamandre, animal diabolique que l’on tuait pour paraît-il, gagner des jours d’indulgence. Cette bête viendrait des flammes de l’enfer. On peut imaginer que toutes ces superstitions viennent du fait que la salamandre trouvait refuge l’hiver parmi les fagots. Mais une fois dans l’âtre, le foyer allumé, la salamandre sortait alors des flammes, l’habitant effrayé pensait alors qu’elle pouvait traverser le feu indemne.

Destin

Aujourd’hui, bien que protégée, elle est en voie de disparition dans de nombreux départements. La principale menace est l’action de l’homme sur les milieux : disparition des zones humides, fragmentation des habitats, pollution des eaux des sites de reproduction, mortalité sur les axes routiers.

À Douzillac, nos salamandres ont la chance d’être dans une commune où les espaces pouvant l’accueillir ne manquent pas encore. Ses prédateurs seront alors essentiellement les serpents, la couleuvre en particulier, les hérissons, les sangliers.

Confusions possibles : Tritons

Particularité :

  • Bien que d’un naturel pacifique, la salamandre possède des glandes cutanées qui sécrètent des substances toxiques alcaloïdes pouvant provoquer, sur la peau humaine une légère brulure.
    • Avis aux personnes sensibles aux toxines : les sécrétions peuvent générer des nausées, des vomissements et des troubles respiratoires.
    • Avertissement aux propriétaires de chiens : si votre animal désire déguster une salamandre tachetée, il la recrachera certainement très rapidement mais pourra être affecté par des contractions involontaires de la mâchoire, une salivation excessive et/ou une rigidité du cou.

L’expression on ne touche qu’avec les yeux est par mesure de sécurité tout à fait approprié à l’observation de notre amie.

  • Elle a la faculté de régénérer en quelques jours une partie de son corps.
  • La salamandre est une piètre nageuse. Une fois adulte, du fait de sa morphologie, elle ne sait pas nager et peut se noyer dès qu’elle n’a pas plus pied.

salamandre tachetée

Sources :

Sciences et avenir – Vienne nature – Univers nature – Wikipédia – Pratique.fr – Nature Midi-Pyrénées – Cistude Nature

Crédit photographique : Patrice Baud – Wikipédia : Luna04

Aquarelle : Virginie Varlet

Comments (2)

  • VARLET Anita

    Texte concis et très instructif. Exemple: je ne savais pas que la salamandre ne savait nager. Et merci pour la partie médicale si je puis m’exprimer ainsi.
    Bravo pour la recherche historique

  • FOURNIER

    Cet article arrive à point nommé car la salamandre semble se présenter à moi ; symboliquement parlant, elle annonce la récolte positive des efforts passés!!!!
    J’ai déjà eu la chance de rencontrer son chemin et c’est une magnifique petite bête…. bien que peureuse!

    Merci pour cet article très intéressant et de très belles photos!

Laisser un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked (*).