La douceur du soleil a réveillé la nature ces deux dernières semaines. Tout le monde dehors pour observer son retour !!! Bien que la saison s’annonce trop tôt pour beaucoup, je ne compte pas perdre une once d’émerveillement et pourquoi pas réveiller mes papilles en cueillant quelques plantes sauvages. Focus sur la petite pimprenelle…

Illustration Sanguisorba minor de Otto Wilhelm Thome

Si insignifiante en cette saison, pourquoi y prêter attention ? Et pourtant, la petite pimprenelle est une plante vivace herbacée surprenante par le gout de ses feuilles crues. Quelle surprise en découvrant quelques secondes après la mise en bouche, une saveur de concombre, de noisette et/ou de noix vertes! J’ai pour ma part, une nette préférence pour les jeunes feuilles récoltées au cœur de la rosette (centre de la plante); elles sont plus moelleuses, moins amères. Mais pour aromatiser simplement une salade ou une vinaigrette, toutes les feuilles sont bonnes à cueillir. 
Selon certains auteurs, le gout des plantes seraient différents en fonction du type de sol, plus le terrain serait acide, plus les feuilles seraient amères alors que sur terrain calcaire, le gout serait plus doux… Personnellement, j’ai remarqué que certaines plantes à quelques dizaines de cm de distance n’avaient pas les mêmes saveurs alors que le sol est pourtant identique…

La petite pimprenelle fait partie de la composition du beurre d’herbes

Comme beaucoup de condimentaires, il y a autant de recettes que de cuisiniers: Sauce chaude ou froide, pesto, beignet, soupe, marinade, boisson…
Une conservation est possible dans du vinaigre, par contre en la faisant sécher à l’ombre, elle semble perdre de sa saveur.
Ces vertus culinaires sont connues depuis des siècles en France ; elle était notamment cultivée autrefois dans les jardins en accompagnement d’autres herbes pour la réalisation de plat en sauce. J’ai vu dernièrement que certaines jardineries la remettaient au gout du jour en tant qu’aromatique.

Au centre de la photo, un pied de pimprenelle Photo de TeunSpaans

Par ailleurs, les chinois utilisaient déjà la pimprenelle bien avant notre ère pour ses propriétés médicinales. Tant qu’à faire autant lier l’utile à l’agréable…
En effet, sanguisorba signifie en latin sanguis « sang », et sorbere « absorber ». Autrement dit, elle a des propriétés hémostatiques, cicatrisantes, astringentes en usage externe. On peut également citer ses propriétés astringentes, anti-diarrhéiques, diurétiques, digestives et toniques en usage interne. Cependant son usage serait déconseillé aux femmes enceintes.
Certains adeptes réalisent une infusion de plante séche pour appliquer sur les coups de soleil et les petites plaies.

Descriptif:
Si vous êtes prêts pour la cueillette, voici un descriptif avec des termes botaniques expliqués et accompagnés de quelques photos pour illustrer mes propos.
C’est une plante aux feuilles basales (situées près de la base de la plante).

Ces feuilles sont pennées (elles sont disposées à la manière des barbes d’une plume). On compte jusqu’à 12 paires de folioles (petites feuilles qui forment une feuille composée).

Fichier: Sanguisorba minor-02 (xndr) .jpg

Folioles de Sanguisorba minor de Thijsses Hof

Les fleurs qui s’épanouissent en été ressemblent à des petites têtes globuleuses perchées à 30-60 cm du sol. On différencie les fleurs femelles à leurs couleurs rouges, des fleurs males jaunes aux étamines pendantes.

Fleurs de la petite pimprenelle par Fornax

Elle est assez commune. Cependant pour la trouver, il faut commencer par chercher un lieu en plein soleil, souvent dans des prés secs, sans richesse apparente et si possible sur sols calcaires.

Confusions possibles:

La petite pimprenelle a une cousine, la grande pimprenelle (Sanguisorba officinalis) qui comme son nom l’indique est la plupart du temps plus grande (30 à 100 cm) et a des folioles plus allongées. Vous pouvez également la manger sans danger, cependant les feuilles sont plus dures.

La potentille ansérine (potentilla anserina) peut également avoir quelques points de ressemblance, mais il suffit de retourner les feuilles pour vite faire la différence. La potentille ansérine a les feuilles argentées et les fleurs sont jaunes. Pas de panique, elle n’est pas dangereuse pour l’homme.

Fleur et bord de feuille de la potentille ansérine

Cependant voici LE conseil élémentaire : « Dans le doute, abstiens-toi ». Autrement dit, si vous n’êtes pas certains de votre identification, ne goutez pas. A titre d’exemple, confondre des feuilles de grande cigüe avec de la carotte sauvage peut avoir des conséquences funestes. C’est pourquoi, si vous êtes curieux, gourmand mais pas très motivé pour courir les prés, les étals des jardineries pourront assouvir votre curiosité en toute sécurité.

A bon entendeur.

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