A Douzillac, la Bryone dioïque s’installe de préférence sur les sols argileux, frais, et riches comme les haies bordant les jardins, les décombres, talus, vergers, bords des rivières, lisières des forêts… Bref, autant dire que vous serez susceptible de rencontrer cette plante vénéneuse en de nombreux endroits. L’objectif de cet article est de vous apporter des éléments pour la connaître et la reconnaître.

C’est en vous citant les différents noms vernaculaires de cette plante que je compte vous décrire aujourd’hui la Bryone dioïque (nom commun) ou Bryonia dioïca (nom latin). 

Les noms vernaculaires sont issus des traditions populaires. Dans la plupart des cas, si la plante fait partie du quotidien d’un peuple, alors un nom lui sera en toute logique attribué. C’est pourquoi en fonction des régions, de l’histoire et de son utilisation, plusieurs noms existent pour une même espèce. J’aime m’y attarder car ils apportent beaucoup d’éléments caractéristiques et descriptifs. De plus, ils illustrent également que les plantes font partie de notre patrimoine depuis des siècles.

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Trêve de bavardage, allons au cœur du sujet… Tout d’abord, le titre le plus connu de la Bryone dioïque est certainement  le « Navet du Diable ». Je peux vous assurer que cette appellation prend tout son sens quand on connait les propriétés de sa racine en forme de navet allongé. Si vous deviez ingérer 1 à 2 grammes de sa chair, alors vous seriez pris de violents vomissements. Au-delà de cette dose, les symptômes seront une diarrhée aiguë et des troubles cardiaques. Passé 30 grammes, elle peut être mortelle. Pourtant, elle était utilisée comme vomitif : vous auriez alors ingéré du sirop obtenu en faisant fondre du sucre dans la racine percée. Je suppose que son surnom de « Rave de Serpent » fait également référence au symbolisme du mal.

Bryonia dioica1LEMI.jpg

Continuons sur le thème des serpents avec « Colubrine » et « Couleuvrée », ces petits noms sont peut-être liés au fait que la Bryone est une plante rampante et grimpante. Chaque année, de son généreux tubercule se développent des tiges atteignant 3 à 6 mètres de long. D’ailleurs, certains l’utilisent pour garnir les tonnelles. Bien que les anglophones l’appellent « vigne blanche », je vous déconseille de dissimuler toute nudité avec sa feuille car sa sève peut provoquer des dermites de contact, autrement dit une inflammation cutanée aiguë.

Mais revenons à son utilisation près des maisons qui selon certaines croyances apporterait bonheur et protection d’où peut-être la « Mandragore grimpante ». Pourtant, méfiance et défiance sont de mise. En effet, la plante est entièrement toxique, c’est bien une « herbe du diable » ! Selon certains auteurs, la dose létale pour un adulte serait de 40 baies et de 15 baies pour un enfant. D’après le Centre Anti-Poison de Lille, les signes d’empoisonnement seront les suivants : lésions de la bouche et la gorge avec salivation excessive et soif, douleurs abdominales violentes, diarrhée, crampe, somnolence, délire.

Bien que son odeur soit particulièrement fétide, les jeunes enfants peuvent être attirés par ses baies aux couleurs vives présentent en automne.

Pour information :

Centre Antipoison et de Toxicovigilance de BORDEAUX

05 56 96 40 80

centre-antipoison@chu-bordeaux.fr

http://www.centres-antipoison.net/bordeaux/index.html

En espérant que cet article de sensibilisation, vous aura été utile.

A bientôt.

 

Sources :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bryone_dio%C3%AFque

https://www.toxiplante.fr/monographies/bryone.html

https://www.zoom-nature.fr/bryone-une-racine-hors-normes/

http://www.sauvagesdupoitou.com/82/345

http://cap.chru-lille.fr/CAPBD/BAIES/detail/ca3cap.htm

http://nature.jardin.free.fr/1104/bryonia_dioica.html

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