Chronique rédigée par André Chavatte en l’occasion du centenaire de la 1ère Guerre Mondiale.

Par décision du Président de la République, le Ministre des Anciens Combattants, M. Kader Arif a fixé le 19 juin 2013 la feuille de route concernant le 100ème anniversaire du début du  premier conflit mondial.

Même si tout un chacun (et je suis un de ceux-là) ne comprend pas le pourquoi d’une commémoration du début d’un conflit (il est à mon humble avis plus logique d’en commémorer la fin!), le gouvernement annonce la célébration d’un « évènement majeur » et souhaite « en faire un moment de fierté nationale et une occasion de rassembler tous les Français autour d’une mémoire apaisée ».

Le Ministre pointe également le potentiel économique d’un tel évènement à une époque où le « tourisme mémoriel » explose.

La première cérémonie aura lieu le 14 juillet 2014. Ce jour-là, des porte-drapeaux et des groupes de jeunes issus des nations ayant participé à la Grande Guerre, défileront sur les Champs-Elysées.

Le deuxième temps fort du cycle mémoriel aura lieu deux semaines plus tard, le 31 juillet lors du centième anniversaire de l’assassinat de Jean Jaurès, puis le 3 août, date anniversaire de la déclaration de guerre de l’Allemagne à la France. Ce jour-là, la France entend proposer aux anciens pays belligérants que soient partout observées une ou deux minutes de silence. L’initiative aurait pour mérite de rappeler la gravité de l’entrée en guerre  sans l’enfermer dans sa seule dimension franco-allemande.

Lors de cette guerre on dénombre environ 40 millions de victimes civiles et militaires (19 millions de morts et 21 millions de blessés).

Pour la France qui comptait en 1914 une population de 39,6 millions d’habitants, les pertes militaires s’évaluent à 1397800 morts, les pertes civiles à 300000 morts, les blessés militaires à 4266000.

27% des jeunes hommes de 18 à 27 ans sont tombés au champ d’honneur.

Douzillac ne fait pas exception à la règle et a payé un lourd tribut à cette guerre: 49 morts sur les 192 jeunes hommes qui y ont participé.

Première partie

Il m’a paru normal, il y a quelques années, au cours de mes recherches sur l’histoire locale de Douzillac, de me pencher sur les habitants de la commune ayant participé à la Grande Guerre, celle que les Anciens appelaient eux-mêmes la « der des ders ».

J’ai d’abord, bien évidemment, dans un premier temps, relevé les noms figurant sur le Monument aux Morts de la commune et dans l’Eglise St Vincent. Il n’y a pas moins de 49 noms inscrits sur ce Monument.

Tous n’étaient pas natifs de Douzillac. Leur nom a été inscrit, vraisemblablement, parce qu’au moment de leur décès, eux ou leur famille résidaient dans la commune.

Ma première approche était de relater leurs derniers jours en recherchant dans les historiques de régiments que je pouvais trouver, tout en m’aidant des fiches du site « Mémoire des Hommes ».

Mobilisation générale - 2 août 1914

Mobilisation générale – 2 août 1914

Mais les héros de cette guerre ne sont pas tous morts au champ d’honneur. Beaucoup, heureusement, en sont revenus. Mais tous ont été marqués, certains dans leur chair, et tous moralement.

Il m’a donc paru logique de les réunir dans ce document.

La liste de ces poilus douzillacois n’est certainement pas exhaustive : j’avais lancé un appel lors d’une réunion des Anciens de la commune afin qu’ils puissent me prêter des documents (livrets militaires, photos, cartes postales, correspondance…) que j’aurais pu exploiter lors de la rédaction de ce document, mais malheureusement, peu y ont répondu. Je n’ai donc eu comme ressource que la consultation des registres matriculaires de la série 2R  des Archives Départementales de la Dordogne à Périgueux.

Ce document contenant les parcours des 192 « poilus » douzillacois a été remis en mairie en 2009.

Suivront sur le site de « Douzillac, mon village » les noms et certains renseignements de tous ceux que nous pourrions appeler des héros (et qui le furent), mais qui étaient avant tout des hommes avec des parents, des épouses et des enfants et que la folie de quelques « va-t-en-guerre » allait précipiter dans le chaos et l’horreur des combats.

André-Pierre CHAVATTE

Pourquoi les appeler « les Poilus »?

Le terme « Poilu » immortalisé par la Grande Guerre durant laquelle il devint rapidement le surnom donné aux 8,5 millions de soldats Français, est apparu bien avant 1914, selon l’Historial de la Grande Guerre de Péronne (Somme).

Un "poilu" de 14-18

Un « poilu » de 14-18

Il s’agit, en effet, d’un terme militaire, datant de plus d’un siècle avant la Première Guerre mondiale, qui désignait, dans les casernes où il prédominait, l’élément parisien et faubourien, soit l’homme d’attaque qui n’a pas froid aux yeux, soit l’homme tout court. Il désignait également dans le langage familier quelqu’un de courageux.

L’expression la plus ancienne est « un brave à trois poils » que l’on trouve chez Molière en 1659 dans les « Précieuses Ridicules ».

Les « Bleuets » devenaient des « Poilus ».

Autrefois, les poils étaient considérés comme un signe de force, de virilité. Du sens mâle, c’est-à-dire « qui a du poil », puis « poilu », ce mot est passé tout naturellement à celui de courageux, d’intrépide, sens que le mot a déjà dans « Médecin de campagne » de Balzac (1833). Le poilu désignait auparavant le grognard d’Austerlitz.

Mais c’est surtout dans les tranchées que cette épithète s’est généralisée, pour désigner tout à la fois les braves qui ont vu le feu de près et ceux qui sont rest

és au front où ils ont laissé pousser barbe et moustache.

Ces « poilus » accueillaient les « bleuets », surnom donné aux jeunes soldats qui, après leurs classes, rejoignaient le front et qui, à leur tour, prenaient le nom de « poilus ».

Comments (3)

  • Filet Jean Louis

    Vaste chantier . très clair et bien fait. on attends la suite avec plaisir . Bravo André

  • DAVID Franck

    Bonjour,

    Compte-tenu de l’intérêt que vous portez à ce sujet, permettez-moi de vous faire connaître la parution récente du seul ouvrage de synthèse actuellement disponible sur le monument aux morts :
    Comprendre le monument aux morts – lieu du souvenir, lieu de mémoire, lieu d’histoire, co-édition DMPA – Editions Codex (de Talmont Saint-Hilaire)
    http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/comprendre-le-monument-aux-morts

    Construit sur les acquis récents de la recherche mais destiné à un large public, il répond à la curiosité croissante vis à vis de cet édifice mal connu ou souvent mésestimé.
    Plusieurs recensions en ont souligné les qualités et de très nombreuses sollicitations ont suivi sa publication : conférences, documentaire du CNRS Images à paraître en septembre, contributions sur le site de la Mission du Centenaire, articles ou collaboration au site de l’université de Lille III dédié au recensement des monuments aux morts.
    http://monumentsmorts.univ-lille3.fr/blog/actualite/279/bibliographie-sur-les-monuments-aux-morts/

    Richement illustré, il propose en quelques 130 pages et pour un prix abordable un bon outil de lecture et de redécouverte du monument aux morts.

    Il me semble donc que cet ouvrage peut retenir votre attention.

    Salutations distinguées,

    Franck DAVID
    agrégé d’histoire géographie – conférencier

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