Ma vie à l’étranger – Paul, Douzillacois et étudiant au Québec

Bonnet obligatoire en hiver!

Bonnet obligatoire en hiver!

Aujourd’hui, c’est de l’autre côté de l’Atlantique que nous partons, au Canada. Au Québec, plus exactement, car certains habitants locaux n’aiment pas être assimilés au pays fédéral. Au pays du sirop d’érable, ce n’est autre que le co-fondateur du site Douzillac Mon Village, Paul Mariuzzo-Raynaud, qui nous raconte son expérience montréalaise, où il vit depuis deux ans. Peux-tu te présenter en quelques lignes? Je m’appelle Paul, j’ai 23 ans et suis un enfant du village, où j’ai vécu de l’âge de 5 à 17ans non-stop. Je suis ensuite parti étudier à Rennes en sciences politiques où j’ai obtenu mon master en 2011. Depuis août 2011, je suis parti à Montréal au Québec pour suivre un cursus en gestion. Pourquoi être parti là où tu es actuellement? Quels étaient tes principaux objectifs? Quelle durée penses-tu y rester? A l’origine, je voulais revivre une expérience à l’étranger. J’avais déjà passé 7 mois en Inde entre 2009 et 2010, et j’y ai attrapé la passion du voyage et de la découverte d’autres cultures. Alors après generic for lipitor les +40°C, je me suis dit pourquoi pas tenter les -30°C ! Plus sérieusement, j’avais surtout envie de découvrir l’Amérique du Nord le temps de mon diplôme, qui se déroulait en minimum 1an et demi. Ceux-ci ont-ils changé depuis? Cela fait deux ans que je suis ici, et je n’ai quasiment rien visité du continent, si ce n’est le Québec et New York lorsque les parents sont venus me rendre visite. En posant les pieds à Montréal, j’ai découvert une ville vraiment active et un cursus universitaire vraiment intéressant. A nexium dosage partir de là, les projets dans et en dehors de l’université se sont multipliés, et le cadre de vie montréalais m’a parfaitement convenu. Donc le voyage oui, mais une fois tous mes travaux finis et mes projets clôturés à la fin du mois d’août ! Après ça, j’entreprends un voyage de 2 mois un peu partout au Canada et aux Etats-Unis. Vous pourrez d’ailleurs suivre mes aventures sur mon blog. Qu’as-tu fait depuis ton arrivée? Des voyages, des petits boulots…? Tellement de choses… A l’université déjà, j’ai suivi des projets de journalisme économique et écris régulièrement dans le journal de l’école, où je me suis fait remarquer, même par le directeur ! lipitor dosage J’ai eu la chance de travailler avec plusieurs professeurs, pour corriger des étudiants, être assistant de cours, participer à des recherches… Puis en dehors de l’école, j’ai pu travailler avec une start-up sur l’éducation informelle ou encore travailler dans un café de quartier. Sans oublier bien sûr la création du site internet de Douzillac Mon Village que je pilote depuis un an à distance. Niveau voyage, quelques excursions ont valu le coup, à Toronto et Ottawa la première année. La route des vins également, car oui, on commence à faire du presque bon vin au Québec. Puis cette année, New York reste encore le summum, avec un voyage au nord du Québec, en Gaspésie, qui est une région magnifique pour sortir de la ville. Quelles sont les principales différences avec la France / les attraits du pays / ce qui te manque?
27 décembre 2012 : 45cm de neige en 24h.

27 décembre 2012 : 45cm de neige en 24h.

L’hiver ! Ici, il dure entre 4et 6 mois, les tempêtes de neige sont régulières et j’ai déjà vécu des ressentis à -35°C… Mais ce n’est pas si terrible que ça puisque tout le monde est bien équipé et c’est d’autant plus agréable qu’on aime les sports d’hiver. Dans le panier des attraits, je mettrai sans hésiter le système universitaire québécois, qui nous redonne tellement de confiance et le goût d’apprendre après avoir été souvent rabaissé par le fonctionnement à la française. Ici, je peux discuter, travailler voire tutoyer des professeurs sans connaître ce fossé que j’ai connu en France. J’ai même passé un Noël dans la famille d’un professeur bienveillant ! Cela motive et donne même envie d’enseigner un jour… La ville de Montréal est en soi très chouette, en ce qu’elle est à la fois diversifié et spacieuse. Les parcs ne manquent pas, un élément essentiel pour qui a grandi dans la verdure. Puis la vie culturelle est exceptionnelle, avec de nombreuses activités gratuites durant tout l’été pour profiter à fond.
Mmh, la bonne poutine québécoise!

Mmh, la bonne poutine québécoise!

Après, c’est certain que la nourriture française me manque… Non pas qu’on ne la trouve pas facilement, mais qu’elle est beaucoup plus chère ici. Fromages et vins au premier abord. Heureusement, je reçois régulièrement de bons colis garnis de mets du Gers de la part de mes grands-parents. Cependant je ramènerai bien la recette de la poutine, le plat typique québécois, composé de frites, de fromage en grain qui couine sous la dent et d’une sauce brune. C’est parfait pour les temps de froid!   Quelle(s) bonne(s) idée(s) pourrait-on exporter selon toi chez nous, au mieux à Douzillac? La créativité est une marque de fabrique à Montréal, et chaque jour on y découvre des initiatives inspirantes. J’en vois quelques unes pas si compliquées à imaginer un jour ou l’autre en France : le parcmètre que tu peux payer avec ton portable par exemple. La carte d’identité et le permis au format d’une carte de crédit (avouez, c’est quand même plus pratique dans le portefeuille !). Les fontaines à eau présentes un peu partout – j’étais bien triste le jour où le robinet extérieur du gîte a été enlevé. Oh, et le calme et le respect ambiant : pas besoin de pousser pour rentrer dans les transports en commun (bus, métro), on fait la queue, c’est tout aussi efficace ! Un mot pour les douzillacois, jeunes comme vieux, désireux de découvrir un nouveau pays? Comme l’a dit Claire précédemment, il n’y a rien de mieux pour se former l’esprit. L’Inde m’avait appris à être confronté à toutes sortes de problèmes et devenir très autonome. Le Québec m’aura certainement montré tout un tas de solutions que j’espère partager à mon retour en France. Le voyage est un élément clé pour comprendre le monde d’aujourd’hui et sa diversité, tant pour découvrir des paysages grandioses que des gens formidables. Alors même si la différence culturelle peut être source de conflit, elle peut aussi vite devenir une forme d’épanouissement, dès lors qu’on apprend sur soi en discutant avec l’autre. Paul nous présente le Québec en photos et en saisons :

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Puis découvrez la Gaspésie à travers une vidéo d’un voyage de Paul et ses amis :   Alors, envie de traverser l’Atlantique? N’hésitez pas à laisser des commentaires ou questions! La prochaine destination prévue? Un indice : c’est le pays des wallabies!

Ma vie à l’étranger – Claire, Douzillacoise et mannequin au Japon

Pendant l’été, on rêve beaucoup de voyages exotiques, loin du quotidien. Parallèlement à cela, les médias français mettent de plus en plus en avant ces phénomènes d’exil des populations jeunes en quête d’un avenir ou d’un nouveau souffle loin de leur terre natale. Les Douzillacois n’y échappent pas, et leur histoire permet d’illustrer une diversité de situations et du nuances par rapport au tableau noir du moment.

Nous présentons une série de billets pour l’été racontant les aventures de jeunes Douzillacois partis tenter leur chance à l’étranger. C’est le quotidien de quelques uns de nos jeunes concitoyens, qui ont fait le choix de s’exiler dans des destinations exotiques le temps d’une année ou deux, pour une césure, un cursus universitaire ou une expérience professionnelle, avant de revenir au bercail.

Nous commençons donc avec l’expatriée la plus récente, Claire Zengerlin, partie en mars 2013 vivre au Japon. Elle nous raconte ses premières impressions.

Claire vous fait le tour du propriétaire

Claire vous fait le tour du propriétaire

Peux-tu te présenter en quelques lignes?

Je m’appelle Claire, j’ai 22 ans et j’ai grandi à Douzillac. Je suis partie vivre sur Bordeaux après le bac pour faire mes études, que j’ai terminées en octobre 2012. Et je vis désormais au Japon depuis le mois de Mars, avec mon copain.

Pourquoi être partie là où tu es actuellement? Quels étaient tes principaux objectifs? Quelle durée penses-tu y rester?

Je suis partie car mon copain a été pris dans une équipe cycliste sur Tokyo. Il est coureur cycliste depuis quelques années. Il a fait la demande l’an dernier car nous souhaitions partir à l’aventure tous les deux, mais ne savions pas encore où. Nous avons appris que nous allions partir en octobre dernier. Nous étions super contents mais aussi un peu stressés… peur de ne pas aimer, peur de l’échec, de la barrière de la langue,etc. Mon objectif à moi était de devenir mannequin. Et nous sommes partis pour un an, car notre visa Vacances-Travail ne pouvait pas être prolongé plus.

Ceux-ci ont-ils changé depuis?

Aujourd’hui, j’ai atteint mon objectif, je suis modèle sur Tokyo et j’arrive à très bien en vivre. Je compte donc rester plus qu’un an, si je trouve une solution pour obtenir un nouveau visa.

Qu’as-tu fait depuis ton arrivée? Des voyages, des petits boulots…?

J’ai fait quelques week-end en dehors de Tokyo, pour suivre mon copain sur des courses cyclistes, ou pour des shootings. Nous avons également visiter Tokyo et ses alentours.

Quelles sont les principales différences avec la France / les attraits du pays / ce qui te manque?

La plus grosse différence c’est probablement le côté « clean » et respectueux des japonais. La sécurité, la nourriture, la langue, l’écriture (je suis une illettrée ici…). La seule chose qui me manque en France c’est ma famille et mes amis. Et les belles plages!

Quelle(s) bonne(s) idée(s) pourrait-on exporter selon toi chez nous?

Les japonais ont tellement de bonnes idées, ils ont toujours une longueur d’avance, mais difficile à exporter en France car les mentalités sont trop différentes, ça ne marcherait pas.

Par exemple, on trouve des distributeurs de boissons partout au Japon. Que ce soit en ville ou dans les campagnes reculées! Mais de ma propre expérience, difficile de croire qu’on peut laisser un distributeur sans surveillance en France… Il serait certainement vandalisé! Mais ici, on ne voit aucune dégradation, c’est impossible dans la mentalité japonaise!

Différents types d'onigiri

Différents types d’onigiri

Un bento japonais

Un bento japonais

Ou encore un exemple: le bento! C’est le nom que portent des barquettes toutes prêtes de nourriture. On y trouve principalement du riz, accompagné de viande ou de poisson, avec quelques légumes ou pickles japonais. Ou bien l’onigiri ! C’est du riz moulé en triangle ou en rond, qui peut être fourré à pleins de goûts différents et se mange aussi facilement, si ce n’est mieux, qu’un sandwich, et c’est beaucoup plus sain! Les gens en mangent très souvent ici, les midis et soirs, voire le matin, car ils n’ont pas le temps de cuisiner et pas la place nécessaire dans leur kitchenette. Je pense que ce concept ne marcherait pas en France car trop peu de gens en achèteraient. En france on aime trop cuisiner. Mais pourquoi pas essayer de l’importer! On ne sait jamais! En plus, c’est troooop bon!

Un mot pour les douzillacois, jeunes comme vieux, désireux de découvrir un nouveau pays?

You can do it!!! Même pas peur de partir! C’est ce qu’il faut vous dire! Car je vous assure que peu importe votre destination, peu importe si vous subissez un échec ou si vous réussissez, ça ne pourra être qu’une folle expérience! En 4 mois au Japon, j’ai tellement évolué, je vois ma vie différemment aujourd’hui. Il faut vivre au jour le jour. Même si tout le monde nous l’a toujours dit, il n’y a que quand on bouleverse son quotidien qu’on en est capable. Vous ferez de belles rencontres aussi. C’est une vraie aventure humaine!

 

Voici quelques clichés du Japon pris par Claire : Régalez-vous!

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Alors, ça vous a plu? N’hésitez pas à laisser des commentaires ou questions! La prochaine destination prévue? Un indice : on y trouve du bon sirop d’érable!

Vous avez entre 15 et 30 ans, avez vécu à Douzillac une partie de votre vie et résidez actuellement à l’étranger pour tout type de raison? Écrivez-nous à paul.mariuzzo@gmail.com et racontez nous votre histoire!

L’Anecdote : Blague belge à Douzillac

Des ouvriers belges, qui travaillent actuellement à une dépendance du Château de Mauriac, ont cru bon de retourner provisoirement le panneau STOP situé à l’intersection de la Route Département n° 3 avec celle menant à ce monument.

En conséquence, lorsqu’ils débauchaient ils n’avaient pas besoin de s’arrêter pour emprunter la RD 3, d’où un certain gain de temps !

Toutefois, ne prenez pas exemple car cela pourrait vous entrainer des ennuis avec la Gendarmerie Nationale !

 

 

L’Anecdote – Un Wallaby à Douzillac (2010)

Le Mardi 17 Août 2010, d’abord, les habitants du hameau des Thoumélies signalent avoir aperçu un kangourou divaguant autour de leurs maisons. Un jeune douzillacois, ensuite, transmet en Mairie une photo prise de nuit à l’aide de son téléphone portable à partir de son véhicule : dans la lumière des phares de sa voiture un kangourou apparut sur la départementale n° 3 à hauteur des Coutillas…

Il ne s’agit donc pas d’hallucinations ou de confusions avec un chevreuil ou un épagneul…

Le Maire contacte alors les cliniques vétérinaires des environs, lesquelles déclarent ne pas avoir de kangourou dans leur « clientèle ».

Le journal Sud-Ouest du 19 Août 2010 titre alors « Le wallaby capturé a dû être euthanasié ». L’Echo Dordogne relate aussi l’évènement :

– des anglais en vacances à Saint-Germain-du Salembre découvrent le petit kangourou, un wallaby plus exactement, dans le parc de leur résidence. Le marsupial est blessé à la patte. Il est conduit par les  Pompiers de Mussidan dans une clinique vétérinaire où il est constaté que la gravité des blessures, causées certainement par un véhicule, ne permet pas d’envisager une opération. Il est donc euthanasié.

Une triste fin pour cet animal qui vit en liberté en Australie… mais aussi en France dans la forêt de Rambouillet où une colonie s’est installée après s’être échappée d’un parc zoologique dans les années 1970.

 

 

 

La fête des voisins aux Niautouneix

Comme chaque année une très bonne

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ambiance pour la fête ou plutôt le repas des voisins aux Niautouneix. Pour cette 6ème édition du repas des voisins la pluie (conditions météorologiques exceptionnelles obligent) s’était invitée pour participer elle aussi à la bonne ambiance habituelle. Cette petite manifestation annuelle regroupe également les hameaux de la Vaurille et la Salesse. Grande révolution cette année la manifestation s’est installée sur le parking communal de ce qu’il est convenu d’appeler le « vieux Niautouneix ». [slickr-flickr tag= »voisins » type= »slideshow »]  

Récit d’un espace communal : le bar de la pétanque

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Le bar de la pétanque est un espace symbolique pour la jeunesse du village. Depuis près de vingt ans, aussi longtemps que je puisse m’en souvenir, les générations d’adolescents s’y succèdent pour imprimer leur marque : le gang des mobylettes, le club des deux de tension, « BFL douzi city », autant de noms qui sont gravés au sens propre comme figuré dans le bois de ce simple appentis.

On ne s’y attarde que le temps de quelques années, coincés entre l’âge innocent et l’âge « mature », devenus trop faignants pour explorer les contrées sauvages du village mais encore trop dépendants pour partir en expédition à la ville. On y glande, on y écoute de la musique, on y prend nos premières cuites et fument nos premières cigarettes. Jeunesse s’y fait, avec ou sans pétanque.

Vient alors le jour où, pour que jeunesse trépasse, on s’en va faire nos armes un peu plus loin du village et de ses amis d’enfance. Les rassemblements rituels se font de plus en plus rares. Puis un jour, sans s’en rendre compte, d’autres ont pris notre place. Ce ne sont pas des inconnus, mais quelques classes nous séparent. Ils ont généralement 4 à 5 ans de moins que nous, le temps qu’il faut pour qu’une nouvelle équipe puisse prétendre à l’occupation régulière des lieux.

On fait de la résistance encore quelques temps, on cohabite, on se côtoie poliment mais la rupture est consumée. Les codes ont changé, le vocabulaire, les blagues ne sont plus les mêmes. Alors avant d’entrer en guerre de clans et de se faire accuser d’être vieux jeu, on s’en va découvrir de nouveaux lieux, fiers d’exposer nos compétences de conducteur nouvellement acquises et de rencontrer une nouvelle population.

La décadence des dernières générations

Quand on revient au bar de la pétanque des années plus tard, c’est pour le goût de la nostalgie et pour retrouver les souvenirs éparpillés un peu partout. Mais derrière la familiarité des lieux, ce sont les différences qui nous sautent aux yeux : des gravures supplémentaires, le mobilier éphémère… Puis la vue des déchets et cigarettes qui jonchent le sol nous rend perplexes. « Ces jeunes ne respectent plus rien ! ». On essaie de se remémorer notre époque, où nous paraissions bien plus respectueux. Bon, ouais on collait un chewing-gum par-ci par là, mais on se déplaçait pour les gros détritus.

De toute façon, c’est une loi universelle de l’époque moderne. Les jeunes sont de plus en plus individualistes, à l’image de la société. Plus aucun respect pour l’ordre et pour l’autre. Cela ne fait que s’ajouter à la liste de ces vilains défauts que l’on se fait plaisir à recenser. Roule n’importe comment. Incapable d’écrire sans faute d’orthographe. Un peu plus bébête en somme. Voilà qui rentre dans l’ordre de nos représentations de la jeunesse, et on s’en satisfait largement.

Un monde en contexte

Ce lien entre faits concrets et dynamiques abstraites est un style d’argumentation et de ragot dont on raffole au quotidien. C’est une logique implacable, tout le monde s’y accorde et se réconforte dans ce type d’explications. Mais on oublie un peu vite que ces faits sociaux tirés de la vie quotidienne s’appuient sur des objets, sur des mécanismes techniques que l’on pense sans incidence sur les interactions sociales.

Ainsi en était-il du local des cantonniers, qui fut déménagé du bourg vers le terrain du Cerveau pour cause de vétusté et d’étroitesse de l’ancien lieu. Ce n’est qu’un espace technique, dont l’objectif est de servir au mieux les employés et la population de la commune. D’un point de vue rationnel, tout portait à croire qu’un déménagement ne serait que bénéfique au travail et à l’entreposage du matériel communal. Et cela s’est probablement avéré dans les faits.

Mais voilà, en déplaçant ce centre technique de la commune vers la périphérie, on bousculait dans l’ombre des rapports sociaux. Car l’ancien local se trouvait en contact direct avec le bar de la pétanque. Ainsi, au cours de la semaine, les jeunes faisant jeunesse étaient en contact régulier avec les fonctionnaires faisant fonction publique. Et les lieux appropriés par la jeunesse n’en restaient pas moins un espace public, qui prenait toute sa valeur par les allées et venues des cantonniers. Il suffisait de quelques remontrances, conseils et bienveillances pour établir un contrat tacite entre ces deux groupes, une conscience citoyenne. Tout cela parce qu’un rapport technique orientait la dynamique sociale.

Aujourd’hui, ce rapport n’existe plus, et les jeunes règnent en maître sur cet espace vacant. Plus de compte à rendre, mais pas pour autant de l’irrespect, car pour cela il faudrait que tous les éléments du contrat soient visibles. En voyant disparaître les cantonniers qui nettoient la place, on perd l’empathie qui régule nos actions.

« Que va penser Jean-Jacques si il voit tout ce raffut ? » nous demandions-nous à notre époque. Aujourd’hui, les jeunes connaissent-ils le prénom de ceux qui passent derrière eux ? Qu’ils ont une famille, peut-être des problèmes de dos, et que cela ne serait pas un mal si ils visaient mieux la poubelle la prochaine fois ? Peut-être bien que oui, peut-être bien que non, mais je suis certain de mieux connaître la réponse de mon époque que eux de la leur.

Repenser les espaces publics

L’élément considéré ici en est un parmi bien d’autres, et on ne peut prétendre sa prévalence sur d’autres. Mais cet exemple méritait d’être cité pour comprendre les imbrications du monde social au monde technique. Les critères qui prévalent lors des décisions sur de tels sujets techniques ne prennent certainement pas en compte tous ces micro-changements qui peuvent teinter à long terme le quotidien d’un espace.

La création d’un esprit citoyen se forme sur la base de ces interactions du quotidien. Aujourd’hui, l’absence de relations peut constituer un terreau à l’incivilité apparente des jeunes comme des moins jeunes. Comment tenter de remettre cet esprit au goût du jour ? Peut-être en réhabilitant cet ancien local des cantonniers en un lieu au service du public.

Plus encore, il faut être des plus vigilants lorsqu’on transfère le pouvoir de décision à des structures remplies avant tout de techniciens, où le rapport à la population locale est bien trop distant pour saisir toutes les nuances qu’offrent le paysage social. Parce qu’à vouloir maîtriser les coûts en créant des dispositifs fabriqués, on bouscule nécessairement des ordres spontanés que nous ne pouvons appréhender facilement.

 

Ouverture : la réappropriation des lieux, à travers l’article Placemaking.